C’est officiel. À 76 jours des élections pour la mairie de Paris, mercredi 7 janvier au soir, Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête, annonce sa candidature sur TF1. Elle avait longuement hésité, mais “la gabegie, l’explosion de la dette, l’augmentation des impôts, la peur des femmes dans la rue, l’insalubrité des rues” semblent l’avoir convaincue. Pour redresser le pays, il faut commencer par la capitale.
La promesse d’une rupture politique
Je veux avoir à mes côtés tous ceux qui ont des solutions. Je n'ai pas besoin de professionnels de la politique mais de professionnels de la réussite. Ce soir, je fais un appel à toutes les bonnes volontés : faisons ensemble de Paris une ville heureuse.
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) January 7, 2026
👉 https://t.co/n3fzhJykr5 pic.twitter.com/r1Bn7Y46lH
1Dès les premières minutes de l’émission, Sarah Knafo démarre sa campagne. Soulignant qu’elle refuse tout clivage, malgré sa candidature sous les couleurs du parti Reconquête, elle précise qu’elle ne se présente pas contre tel ou tel candidat.e mais bien pour “servir les parisiens”. Ses adversaires restent les problèmes que rencontre la ville de Paris et elle a un plan bien précis pour cela, “le meilleur” selon elle.
Deux référendums par an, plan d’économie de 10 milliards d’euros, diviser par deux la taxe foncière : un programme dont les thèmes sont au cœur des préoccupations de la ville et dont la liste sera “celle de tous les parisiens”. Appelant à “toutes les bonnes volontés”, elle se fixe l’objectif de “faire de Paris une ville heureuse”.
Elle se présente comme la “maire [qui sera] la plus démocratique que Paris ait connue” et comme la “moins politique des maires de Paris”, axant son programme sur une gouvernance plus directe et sur une politique de rigueur budgétaire.
Figure assumée de la droite, à la fois conservatrice et libérale, c’est ainsi que cette campagne municipale constituera sa deuxième bataille électorale après les élections européennes de juin 2024.
Pour celle-ci, elle espère ainsi trouver un terrain favorable dans plusieurs divisions de l’ouest du territoire parisien, dont les 8e, 16e et 17e arrondissements. Déjà testée dans les sondages, le dernier, paru en décembre 2025, par Ipsos pour Le Parisien, lui prête 7% des intentions de vote au premier tour, à égalité avec le candidat du RN, Thierry Mariani.
Son projet pour Paris : un exemple de redressement national
Dès lors de cette officialisation, la question des élections présidentielles de 2027 émerge. Qu’en est-il de ses ambitions pour la France ?
“C’est un travail à plein temps”, dit-elle, répondant ainsi par la négative quant à une possible candidature pour l’Élysée. Elle dit toutefois espérer que son parti, Reconquête, trouve un autre candidat.
Son attention semble désormais tournée vers la capitale. “Tous les problèmes rencontrés en France sont exacerbés à Paris”, affirme-t-elle. D’abord Paris puis la France. “Si on arrive à redresser la capitale, on arrivera peut-être à redresser la France toute entière”, des projets plus qu’ambitieux qui seront peut-être réalisables si elle est élue maire de Paris et si son parti politique se retrouve à l’Élysée. Un avenir encore trop flou pour être pensé.
L’alliance Knafo-Dati : un rempart contre la gauche ?
Lors de ces élections, elle devra affronter une liste d’union de la gauche, menée par le socialiste Emmanuel Grégoire (32% d’intentions de vote selon ce même sondage Ipsos), à Sophia Chikirou pour LFI (13%), à un candidat d’Horizons soutenu par Renaissance, Pierre-Yves Bournazel (14%), à la ministre de la culture et maire du 7ème arrondissement de Paris, Rachida Dati (27%), soutenue par LR et MoDem ainsi qu’un autre candidat d’extrême droite, Thierry Mariani, portant les couleurs du Rassemblement National.
Une fusion des deux listes d’extrême droite paraît d’ailleurs peu probable, comme l’avait rappelée Thierry Mariani en début de campagne, Marine Le Pen, reprochant à Sarah Knafo d’avoir toujours combattu son parti, un parti qu’Eric Zemmour juge “socialiste”.
Mais le flou s’entretient sur une possible alliance au second tour avec Rachida Dati – n’excluant pas de travailler avec la ministre, si celle-ci gagnait les élections. Invitée fin décembre 2025 sur BFMTV, alors que le mystère sur sa candidature planait toujours, elle déclarait que si elle se présentait aux municipales, ce serait dans l’objectif de “faire gagner la droite” et que “la gauche perde la ville” après quatre ans de socialisme, loin de ce qu’elle assurait sur TF1.
« Absolument ».
— Emmanuel Grégoire (@egregoire) January 7, 2026
L’extrême droite est donc prête à avancer main dans la main avec la droite de Dati. Sans sourciller.
L’alliance des droites extrêmes pour imposer un projet raciste et d’austérité pour Paris.
Une seule solution : la gauche unie. pic.twitter.com/U5maJeznMG
Emmanuel Grégoire, le candidat à la tête de la liste d’union de la gauche, a réagi dans un communiqué, qualifiant cette dernière candidature d’une stratégie visant à servir de “marchepied à Rachida Dati” et à ouvrir la porte à “une alliance des droites extrêmes pour imposer un projet raciste et d’austérité pour Paris”.
Pour le moment, cela reste encore de l’ordre de l’éventualité mais comme elle l’avait déploré dans une émission de BFMTV fin 2025, “quand on est de droite et favorable à l’union, on est toujours très jaloux de voir la gauche qui arrive toujours à s’allier, qui arrive toujours à comprendre que l’intérêt, notamment des électeurs, c’est d’avoir des partis qui se retrouvent”, cette idée pourrait bien être sa porte d’entrée à l’Hôtel de Ville.





