À quelques jours d’un plan de relance historique pour l’Europe

Le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel avaient entamé la marche il y a bientôt un an, le 18 mai 2020 ,en présentant main dans la main, leur projet de création d’un fonds de relance européen. Les 25 pays restants du vieux continent s’en sont ensuite inspirés : c’est la dernière ligne droite pour un plan à plus de 750 milliards d’euros.

Il y a maintenant 9 mois, les Vingt-Sept avaient fini par s’entendre sur un plan de relance européen commun : 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards de prêts destinés à soutenir les pays les plus touchés par la pandémie mondiale. Néanmoins, après presque un an de négociations et de discussions, l’argent n’est pas toujours présent et la pandémie continue à faire des ravages. L’impatience gagne de plus en plus de chefs politiques d’importants pays tandis qu’en cette toute fin de mois d’avril 2021, une étape déterminante va être franchie…

Ce mercredi 28 avril, la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne ont remis à la Commission leur plan national de relance, pour la période 2021-2026. Ces plans de relance sont en fait les programmes respectifs de chaque pays, expliquant la manière dont ils ont l’intention d’utiliser l’argent affecté. Paris et Berlin ont tenu, mardi, à présenter ensemble leurs projets, à l’occasion d’une conférence entre Bruno Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz. Ces plans de relance propres  à chaque pays peuvent être considérés comme leurs futurs programmes.

Une fois qu’un pays a soumis son plan de relance à la Commission, cette dernière a deux mois pour le valider. Les pays européens ont ensuite un mois pour l’approuver à leur tour. C’est après ce processus que les fonds pourront commencer à être déboursés.

‘’Dans cette crise, nous avons travaillé main dans la main’’ avaient rappelé les ministres de l’Économie, à cette occasion. En effet, le couple fort de l’Union européen a, depuis le départ du Royaume-Uni, réellement guidé l’UE dans ce plan de relance. Ce week-end, l’exécutif européen s’attend à recevoir plus d’une douzaine de plans nationaux. Toutefois, certains pays membres ne sont pas prêts pour des raisons de politique intérieure et restent alors en négociation avec la Commission, afin de s’assurer que leur plan soit accepté par Bruxelles.

Il ne faut surtout pas se précipiter…

Pour avoir accès à ce plan inédit, les 27 sont effectivement tenus de respecter certaines conditions. C’est ainsi que le débat concernant les pays “frugaux” est placé en première ligne depuis de nombreuses années et témoigne une fois de plus de la complexité de l’objectif de fond de l’Europe : s’entendre à 27… 

Ces 4 pays (Autriche, Pays-Bas, Suède et Danemark) désormais soutenus par l’Islande, sont quatre pays qui, dans le cadre du plan de relance, verseront plus d’argent qu’ils en percevront. Concrètement, ils réclament dans les discussions en cours, une diminution de la part de subventions au profit de la part de prêts ; afin que la situation soit également avantageuse pour ces derniers. Ces états bataillent ces derniers jours avec la Commission afin de tirer un maximum parti de ce plan.

Des plans de relance contraints à des arbitrages précis.

Dans le contexte actuel, les plans de relance doivent premièrement inclure 37% de leurs dépenses à la transition climatique. Par la suite, au moins 20% à la numérisation de leur économie. Enfin, les États européens sont incités à engager des réformes structurelles conséquentes en vue d’accroître leur potentiel de croissance. Ce plan de relance est considéré par Ursula Von der Leyen comme ‘’l’occasion du siècle pour l’Europe’’. La présidente de la Commission européenne ne cache pas sa fierté et y voit une occasion unique de transformer l’économie européenne : ‘’Nous voulons une Europe plus verte (…), plus numérique, compétitive et qui montre la voie en matière d’innovation.’’ a-t-elle poursuivi.

Des inégalités inévitables mais justes ?

Les difficultés seront nombreuses tant les besoins diffèrent sur le vieux continent. L’Italie et l’Espagne seront les deux pays qui bénéficieront le plus du plan avec respectivement 68,9 et 69,5 milliards d’euros de subventions. Les deux pays méditerranéens seront en conséquence soumis à un test bien plus poussé concernant leurs programmes de dépenses. Le président du conseil italien, Mario Draghi, avait ainsi dû revoir tout le programme, qui avait été réalisé par son prédécesseur, Giuseppe Conte. 

De notre côté, la France bénéficiera de 39,4 milliards d’euros de subventions. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonçait la semaine dernière sur Europe 1 que l’hexagone toucherait ses premières aides en septembre ; et non au début de l’été comme initialement annoncé. Cette subvention sera pour commencer à hauteur de 5 milliards d’euros. Enfin, la Hongrie, la Pologne et désormais la République Tchèque ont été mises sous pression pour “verdir” davantage leur économie et réformer leur justice. Ces 3 pays, souvent considérés comme des démocraties dites “déllibérales”  sont au cœur de nombreux débats ces derniers mois. L’état de droit est une des lignes directrices de l’Union Européenne et les libertés de leurs citoyens sont bien souvent remises en question…

L’Europe une fois de plus en retard ?

Plusieurs responsables politiques et économiques se sont alarmés ces dernières semaines. La lenteur de la mise en place du plan de relance ne passe pas inaperçue. Au moment où Joe Biden et les États-Unis ont commencé à décaisser les sommes d’un programme d’aides et d’investissement massif, l’Europe est une fois de plus derrière. En effet le plan “Build Back Better” de 2 000 milliards de dollars présenté par Joe Biden rayonne. La Chine également voit sa croissance repartir à pleine allure. Reste à voir quel continent en fera le meilleur usage…

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