Il aura fallu cinq heures entre le lancement de l’opération “Absolut Resolve” par Donald Trump et la capture du président Nicolas Maduro. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, vers 22h46 heure locale, plus d’une centaine de bombardiers, d’appareils et de drones de reconnaissance décollent de bases américaines en direction du Venezuela. D’après les renseignements américains, des bruits d’explosions auraient réveillé la ville de Caracas, survolée par des missiles.
La base aérienne de La Carlota et plusieurs installations militaires sont bombardées, tandis qu’une unité s’introduit dans la résidence où se trouvent Nicolas Maduro et son épouse. Le couple présidentiel est exfiltré à bord d’un hélicoptère avant d’être rapatrié aux Etats-Unis, vers 3h30 du matin.

Capture d’écran d’une publication de Donald Trump sur Truth Social montrant, selon lui, le président vénézuélien Nicolás Maduro à bord de l’USS Iwo Jima. Photo : Truth Social via Getty Images
Des tensions croissantes entre Washington et Caracas
Les tensions entre le Venezuela et les Etats-Unis ont connu un regain depuis fin août. Le président Donald Trump a multiplié les coups de pression contre le pouvoir en place, accusé de “promouvoir le trafic de drogue” en provenance d’Amérique latine vers le territoire américain. Plusieurs navires soupçonnés de transporter de la drogue ont été bombardés par des frappes américaines au large des côtes vénézuéliennes, tandis que les menaces d’invasion se sont répétées peu avant l’attaque de vendredi soir.
Le Venezuela plongé dans l’incertitude
Un flou politique s’installe désormais sur l’avenir de ce pays marqué par une instabilité croissante depuis la réélection il y a deux ans de Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013. La vice-présidente Delcy Rodriguez, qui se voit assurer l’intérim de la présidence, fait face à une opinion divisée entre les partisans et les critiques de l’ex-chef d’Etat au pouvoir, accusé de corruption, de répression de l’opposition et d’affaiblissement des services d’éducation et de l’industrie pétrolière du pays.
Aux prises avec de lourdes sanctions financières imposées par les Etats-Unis, le Canada et l’Europe depuis plusieurs années, l’économie de la république bolivarienne essuie un nouveau revers suite à la troisième victoire consécutive du président en 2024, lors d’élections entachées par des accusations de fraude.
L’Europe, embarrassée, peine à trouver une réponse
Le coup de force contre Nicolas Maduro provoque le malaise chez les dirigeants européens, résolus à faire respecter le droit international tout en concédant les actions d’ingérence et les menaces d’invasion multipliées par les Etats-Unis contre des territoires souverains.
Emmanuel Macron a déclaré “applaudir” l’opération de capture de Nicolas Maduro avant de rétracter sa position sous les critiques de l’opposition, qui dénoncent la brutalité de la méthode utilisée par Donald Trump.
Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 3, 2026
En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
La transition…
Alors que la présidente du conseil des ministres italien Giorgia Meloni utilise l’argument de la “légitime défense” pour qualifier l’opération, le premier ministre britannique, quant à lui, se garde de mentionner le président américain dans une critique tiède qui interroge la légalité de l’opération et son impact sur la relation entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.
Ho seguito gli sviluppi in Venezuela fin dalle primissime evoluzioni.
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) January 3, 2026
L’Italia, assieme ai principali partner internazionali, non ha mai riconosciuto la auto-proclamata vittoria elettorale di Maduro, condannando gli atti di repressione del regime e ha sempre sostenuto…
Hors Europe, la mesure est la même pour l’Amérique du Sud. Le président du Brésil Lula dénonce une “grave atteinte à la souveraineté” du Venezuela sans citer le nom des deux chefs d’Etat. La Russie, quant à elle, demande des éclaircissements sur le sort réservé à Maduro et à son épouse tandis que la Chine fait part de son inquiétude face à un “regain d’incertitudes”.





