Un pays sous le feu
Dès l’annonce du décès du leader, le cartel a activé une stratégie de paralysie totale. Dans une vingtaine d’États, les membres du CJNG ont érigé plus de deux cents barrages en incendiant voitures et camions pour couper les axes de communication majeurs. La ville de Guadalajara s’est transformée en quelques heures en une cité morte. Les commerces, les banques et les stations-service ont baissé le rideau sous la menace. Le bilan humain est déjà lourd. On compte de nombreuses victimes au sein de la Garde nationale et des services de justice. Les autorités américaines ont ordonné à leurs ressortissants de se confiner, même dans les zones touristiques d’ordinaire préservées.
La réponse ferme du gouvernement mexicain
Face à cette insurrection criminelle, la présidente Claudia Sheinbaum a réagi par un déploiement massif de force. Elle a envoyé des milliers de soldats supplémentaires en renfort dans le Jalisco. Bien que la ligne officielle du gouvernement tente de rassurer en affirmant que le pays reste sous contrôle, cette crise semble marquer une rupture nette avec la doctrine de non-confrontation des années précédentes. Le rétablissement de l’ordre public et la levée des blocages routiers ont été la priorité absolue. Cette démonstration de force a permis une stabilisation dès le 26 février. Les écoles et les aéroports ont réouvert progressivement, tout en maintenant une vigilance militaire extrême pour prévenir toute reprise des hostilités.

L’impasse d’une succession
Le chaos actuel s’explique en grande partie par l’absence d’un héritier capable de reprendre les rênes de l’organisation. Rubén Oseguera González, alias « El Menchito », fils héritier du cartel, est totalement hors d’état de nuire. Condamné à la prison à perpétuité aux États-Unis depuis mars 2025, il est détenu dans un centre de haute sécurit.é. Il a aucun moyen de communication avec l’extérieur. Cette vacance du pouvoir a brisé la ligne de succession familiale, laissant place à une lutte fratricide entre chefs régionaux. Sans figure d’autorité centrale, le cartel se fragmente, augmentant l’instabilité sur le terrain à cause des rivalités internes.
Un avenir économique et touristique en danger
Les répercussions de ce séisme ne sont pas seulement sécuritaires mais aussi économiques. Le blocage des routes a brièvement paralysé les chaînes d’approvisionnement vitales, notamment pour les secteurs de l’agroalimentaire et de la tequila, piliers de l’économie locale. Le secteur du tourisme, qui représente une part cruciale du produit intérieur brut mexicain, a subi un coup d’arrêt brutal avec des vagues d’annulations de vols et de réservations hôtelières. Si la reprise des activités à Puerto Vallarta et Guadalajara a été rapide, l’image du pays reste fragilisée à l’approche de la Coupe du Monde 2026.
L’enjeu pour le gouvernement est désormais de prouver que la sécurité des investissements et des visiteurs peut être garantie durablement malgré la décomposition en cours du plus puissant cartel du pays.





