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Le journal pour les jeunes, par les  jeunes

Jeux du Pacifique 2023 : Que nous disent-ils ? 

Loin des projecteurs médiatiques et de l’agitation habituelle des JO, la 17e édition des Jeux du Pacifiques 2023 s'est clôturée ce samedi 2 décembre au Stade National de Honiara, aux Îles Salomon. Les 24 délégations présentes ont tout donné pendant deux semaines d’intense compétition pour faire briller leur nation. La Nouvelle-Calédonie se hisse sur la plus haute marche du classement, avec 197 médailles au total, devant Tahiti et l’Australie, et conserve son titre acquis quatre ans plus tôt aux Samoa.

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La délégation salomonaise lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux du Pacifique 2023 (crédit : Pacific Games News Service)
La délégation salomonaise lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux du Pacifique 2023 (crédit : Pacific Games News Service)

Compétition méconnue mais essentielle

Fondés dans la même temporalité que les Jeux africains, les Jeux du Pacifique sont initiés en 1963 et ont pour but d’encourager les liens d’amitié et de fraternité à travers le Pacifique insulaire. Après l’accord des puissances de tutelle de la région, la première édition de la compétition se déroule à Suva, aux Fidji, et rassemble treize délégations de pays et territoires, soit onze de moins qu’aujourd’hui. 

Les délégations australiennes et néo-zélandaises sont quant à elles introduites lors de la 15ème édition des Jeux du Pacifique, en 2015, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, car les Comités nationaux olympiques d’Océanie avaient auparavant peur de la domination écrasante des deux pays. Cependant, les athlètes de ces deux délégations participeront seulement à des épreuves telles que le rugby à sept ou la voile, des sports dans lesquels les nations océaniennes pourraient leur tenir tête. 

En parlant de sport, certains ne figurent pas aux Jeux Olympiques, mais sont uniquement des spécificités des Jeux du Pacifique. C’est le cas d’un des douze sports obligatoires de la compétition, le Va’a, une course à pagaie et en pirogue d’origine tahitienne qui se pratique sur différentes distances et dans différentes embarcations. Ce sport mixte et multi-générationnel est notamment dominé par Tahiti qui a décroché huit médailles d’or sur douze possibles à Honiara, mais il s’agit pourtant du moins bon bilan comptable de la délégation depuis l’apparition de la discipline aux Jeux de Papeete en 1995.

D’autres sports, cette fois, un peu plus répandus à l’internationale, voient leur présence être décidée en fonction du choix des organisateurs. Il s’agit d’épreuves non reconnues comme sports olympiques telles que le culturisme, une compétition de surdéveloppement de sa masse musculaire dans un but esthétique, ou le snooker, une variante du billard qui se joue en duo. Ou alors ce sont des disciplines comme le netball ou le softball, des versions modifiées du basket et du baseball, très populaire dans les pays du Commonwealth, mais qui n’apparaîtront pas aux JO de Paris 2024. 

Cette édition a été aussi marquée par l’apparition de plusieurs épreuves paralympiques comme le 100m en fauteuil ou bien le tir à l’arc handisport pour notamment favoriser l’inclusion des athlètes handicapés au sein de la compétition. Les Cagous ont même prêté des fauteuils roulants à la délégation des Îles Salomon pour permettre à leurs sportifs de participer dans de bonnes conditions aux courses. 

Première course de 100m en fauteuil de l’histoire des Jeux du Pacifique, remporté par le calédonien Pierre Fairbank. (crédit : Pacific Games News Service)

La francophonie à l’honneur

La Nouvelle-Calédonie, Tahiti (Polynésie française) et Wallis-et-Futuna ont tous les trois participé aux Jeux du Pacifique 2023 sous la bannière de leur propre territoire ce que ne permettent pas les Jeux olympiques. Tout comme les Tokelau, associés à la Nouvelle-Zélande, ou l’île Norfolk, associée à l’Australie, ces trois collectivités françaises au statut différent ont en effet eu la possibilité de défiler avec leur drapeau respectif pendant les cérémonies d’ouverture et de clôture de la compétition. 

Elles ont réuni à elle trois 372 médailles au total sur 996 possibles soit environ 37% des prix attribués. Les délégations calédoniennes et tahitiennes ont atteint la première et deuxième place du tableau tandis que Wallis-et-Futuna a fini quatorzième avec quinze médailles, dont trois en or en athlétisme. Cette belle réussite se retrouve aussi dans les éditions passées où douze fois sur dix-sept Tahiti et la Nouvelle-Calédonie était ensemble sur le podium de l’événement (1966, 1975, 1979, 1983, 1987, 1991, 1995, 2003, 2007, 2011, 2015, 2023). Les Cagous empochent leur quatorzième titre, appuyant leur domination sportive dans la région, alors que le deuxième pays le plus titré, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ne possède que deux premières places. 

Des athlètes comme Lara Grangeon profite de cette occasion pour représenter leurs racines, elle qui est née à Nouméa en 1991 et concours d’habitude avec l’équipe de France de natation. Grâce à ses performances remarquables, elle est devenue l’athlète calédonienne la plus titrée de l’histoire des Jeux du Pacifique avec à l’heure actuelle 45 médailles d’or. Malheureusement, elle a terminé 4e française à la Coupe du monde en eau libre et laisse la qualification pour les JO de Paris s’échapper, mais elle tentera les compétitions en bassin pour espérer concourir en 2024. 

De nouveaux concurrents

La troisième place de l’Australie, obtenu grâce à ses 84 médailles, commence à faire douter les nations qui dominaient jusqu’alors les Jeux du Pacifique du fait des moyens supérieurs que disposent la délégation du plus grand pays d’Océanie. Récemment autorisées à participer à la compétition, les délégations néo-zélandaises et australiennes misent sur ces Jeux pour optimiser les performances de leurs jeunes athlètes tout en espérant des résultats à la hauteur de leur statut. 

La Nouvelle-Zélande est elle plus discrète avec une huitième place, derrière le pays organisateur, mais élève son total de médailles par rapport à l’édition 2019 avec dix médailles d’or, treize d’argent et douze de bronze. En dominant les épreuves d’haltérophilie et d’athlétisme, les kiwis peinent néanmoins à concurrencer les autres athlètes du Pacifique dans des disciplines qui leur sont moins familières. 

Les organisateurs de la compétition, pour la première fois de leur histoire, les Îles Salomon, ont déjoué les pronostics en terminant septième du tableau des médailles devant notamment les Tonga et Nauru, des nations qui les avaient devancés en 2019 aux Samoa. 36 médailles il y a quatre ans et 80 en 2023, le bilan est extraordinaire pour ce pays d’à peine 710 000 habitants. Le fait d’être le pays organisateur joue sûrement un rôle dans cette réussite sans égale. En effet, les Samoa se sont hissés sur le podium des Jeux du Pacifique 2019, l’année où ils les organisaient, avec 125 médailles, mais ils n’en ont obtenu que 76 durant cette édition. Reste à savoir si les athlètes salomonais et salomonaises vont réitérer cet exploit en 2027, à Tahiti. 

Au bout du suspens, les footballeurs des Îles Salomon s’inclinent en finale contre la Nouvelle-Calédonie. (crédit : Pacific Games News Service)

Enjeu extra-sportif

Comme leur grand-frère, les Jeux olympiques, les Jeux du Pacifique, en particulier ceux de 2023, intéressent tout autant les puissances régionales et les plus petites nations. La Chine et l’Australie l’ont bien compris et ont tenté d’exercer leur influence sur cette compétition de plusieurs manières possibles. 

Pékin avait signé un accord en 2022 pour formaliser la coopération entre les forces de l’ordre salomonaise et chinoise, qui était présentes depuis 2021 sur l’archipel. Mais la puissance australienne n’a pas pour intention de rester passive devant l’extension de la sphère d’influence chinoise dans le Pacifique. Et c’est pourquoi elle a aussi participé à la sécurité des Jeux en fournissant du matériel tel que des véhicules terrestres et aériens mais aussi du personnel avec 100 policiers et 300 militaires qui se sont déplacés jusqu’à Honiara, là où se tenait l’événement. 

L’accord entre la Chine et les Îles Salomon prévoyait aussi la construction d’un stade de 10 000 places et de plusieurs infrastructures pour accueillir les athlètes venus de tout le Pacifique insulaire. Pendant la cérémonie de livraison en avril 2023, le Premier ministre salomonais Manasseh Sogavare a tenu a remercié le gouvernement, mais à la fois le peuple chinois pour la réalisation du nouveau Stade National, un discours fort qui inquiète l’Australie et les Etats-Unis quant à la présence de cette puissance ennemie dans les territoires du Pacifique.

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