L’automobile française à l’heure des comptes

Le 5 juillet, les fonderies du Poitou déposent le bilan quelques mois après leurs usines sœurs. Elles étaient l’une des dernières grandes fonderies françaises dédiées à l’automobile. Héritage d’un savoir-faire industriel et automobile français, elles assuraient l’autonomie sur certaines pièces techniques. Aujourd’hui quel future pour l’automobile Made in France ? 
Renault, des comptes difficiles

Un futur qui pourrait bien être morose. Renault, le principal constructeur français, semble amorcer le tournant SUV et reste leader sur la voiture électrique française. Pourtant, l’affaire Ghosn a marqué le constructeur et les répliques de l’affaire ont entamé la dynamique de Renault. L’alliance avec Nissan bat de l’aile notamment avec le retour en force du constructeur nippon. La tentative infructueuse d’alliance avec Fiat n’a qu’enfoncer le clou. Et le dernier sur le cercueil de Renault a été la crise Covid.

La conjoncture négative s’est poursuivie avec la crise mondiale des semi-conducteurs accentuée par la guerre en Ukraine qui a fait baisser le chiffre d’affaires de Renault de près de 3 %. Renault avait investi en Russie, le retour sur investissement va être compliqué. Une courbe décroissante qui se prolonge et entraîne les sous-traitants notamment les fonderies du Poitou. 

Chaine de production en Alsace
PSA une industrie française dynamique

Le bilan de Citroën est en demi-teinte. Depuis plusieurs années, maintenant, la firme porte sur elle la réputation de voiture “mal finie” et Citroën peine à sortir du rang. Ayant des problèmes d’approvisionnement et de mains-d’œuvre, une bonne partie de la production est, comme ses concurrents, délocalisée et donc soumise aux problèmes de livraison transport et qualité de finition. Pourtant, le bilan assombri n’est plus. Citroën a réussi un excellent retour sur investissement avec sa nouvelle voiture « ami ». Citadine électrique jeune, en 2 ans d’existence, la voiture s’est implantée à travers le monde et fait désormais la fierté de la marque au chevron. 

Notre tour d’horizon s’achève avec le constructeur le plus prolifique du cheptel français, Peugeot. Membre du consortium PSA, l’entreprise a entamé un renouveau. Elle a rajeuni sa marque. De nouveaux modèles plus élancés rappelant le trait du félin ont vu le jour. La nouvelle 208, la 308, etc. Peugeot renoue avec une image de voiture haut de gamme, image qu’elle avait perdue durant la décennie 2000. La fusion réussit de PSA avec Fiat en fait du consortium une vaste entité qui a accès aux nombreux marchés concurrentiels notamment américains et est présente dans tous les secteurs automobiles, du SUV à l’électrique. Plus dynamique et moderne, la firme a changé son logo en signe de renouveau qui semble lui apporter de favorables hospices. 

 Malgré les nombreuses difficultés rencontrées par le secteur, une tendance semble être insufflée : le retour à une industrie française. De grands sites comme celui de Sochaux perdurent encore et vont, à l’avenir, devenir des centres d’impulsion économiques majeurs et nouer un tissu industriel autour d’eux. 

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