Une décision collective des 27 États membres prise après la répression de manifestations en Iran
Les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne se sont accordés sur une décision majeure : classer les Gardiens de la révolution islamique iranienne comme « organisation terroriste ». Cette mesure intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques, à la suite de la répression violente de manifestations sociales en Iran, déclenchées par la hausse du coût de la vie et la dégradation des conditions économiques.
Ces manifestations, qui se sont étendues à plusieurs grandes villes du pays, ont été durement réprimées par les forces de sécurité iraniennes. Selon plusieurs ONG et observateurs internationaux, les autorités auraient fait un usage disproportionné de la force, notamment par des arrestations massives, des tirs à balles réelles et des coupures prolongées d’Internet destinées à entraver la circulation de l’information.
Face à cette situation, les ministres européens ont estimé nécessaire d’adopter une réponse commune et ferme, marquant une rupture supplémentaire dans les relations déjà dégradées entre Bruxelles et Téhéran.
Repression cannot go unanswered.
— Kaja Kallas (@kajakallas) January 29, 2026
EU Foreign Ministers just took the decisive step of designating Iran’s Revolutionary Guard as a terrorist organisation.
Any regime that kills thousands of its own people is working toward its own demise.
Des sanctions ciblées contre des responsables iraniens
Outre le classement des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes, les ministres ont décidé d’imposer une nouvelle vague de sanctions individuelles. Selon une liste publiée au Journal officiel de l’Union européenne, plusieurs hauts responsables iraniens sont directement visés, parmi lesquels le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni, le procureur général Mohammad Movahedi-Azad, ainsi que le chef de la police iranienne Seyed Majid Feiz Jafari.
Au total, 21 responsables iraniens sont concernés par ces mesures restrictives. Celles-ci incluent une interdiction d’entrée sur le territoire européen ainsi qu’un gel de leurs avoirs détenus dans l’Union européenne. D’après un communiqué du ministère européen chargé de la diplomatie et des relations internationales, ces sanctions visent à « responsabiliser les auteurs de violations graves des droits humains » et à envoyer un signal politique clair aux autorités iraniennes.
Téhéran dénonce une décision « illogique et irresponsable »
La réaction iranienne a été immédiate et virulente. Dans un communiqué officiel, le chef d’état-major des forces armées iraniennes a dénoncé une décision « illogique, irresponsable et empreinte de rancune », accusant l’Union européenne d’agir sous l’influence des États-Unis et de suivre des politiques « hégémoniques et inhumaines ».
Le chef de la diplomatie iranienne est allé plus loin, qualifiant la décision européenne d’« erreur stratégique majeure ». Il a également rappelé que l’armée iranienne restait en état d’alerte, déclarant que celle-ci avait « le doigt sur la gâchette », une formule lourde de sens dans un contexte régional déjà marqué par de multiples foyers de tension.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Téhéran accuse également l’Union européenne de pratiquer une politique à « géométrie variable » en matière de droits humains, dénonçant ce qu’elle considère comme un silence européen face à la situation à Gaza, tout en se montrant particulièrement offensive à l’égard de l’Iran.
Several countries are presently attempting to avert the eruption of all-out war in our region. None of them are European.
— Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) January 29, 2026
Europe is instead busy fanning the flames. After pursuing 'snapback' at the behest of the U.S., it is now making another major strategic mistake by…
Une décision aux lourdes conséquences diplomatiques
Cette décision européenne pourrait avoir des répercussions importantes sur le plan diplomatique. En classant les Gardiens de la révolution aux côtés de groupes tels que l’État islamique ou Al-Qaïda, l’Union européenne franchit un seuil symbolique fort, susceptible de compliquer davantage les discussions sur le programme nucléaire iranien.
Alors que plusieurs pays tentent d’éviter une escalade militaire au Moyen-Orient, cette initiative européenne est perçue par Téhéran comme une provocation supplémentaire. Les autorités iraniennes estiment qu’une telle posture risque non seulement d’aggraver les tensions régionales, mais aussi de nuire aux intérêts européens, notamment en cas de flambée des prix de l’énergie liée à un conflit élargi.
Bilan humain alarmant : les ONG tirent la sonnette d’alarme
Sur le terrain, la situation humanitaire suscite une inquiétude croissante. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 3 428 manifestants auraient perdu la vie depuis le début du mouvement de contestation. L’organisation affirme toutefois craindre que le bilan réel soit nettement supérieur.
D’autres ONG avancent des estimations beaucoup plus élevées, évoquant jusqu’à 30 000 morts. Ces chiffres restent difficiles à confirmer de manière indépendante, en raison de la coupure quasi totale d’Internet imposée par les autorités iraniennes depuis le 8 janvier 2026, rendant le travail de documentation et de vérification extrêmement complexe.
Cette situation renforce les appels des organisations internationales à une enquête indépendante et à une pression diplomatique accrue sur Téhéran, alors que la répression continue et que le fossé entre l’Iran et l’Union européenne ne cesse de se creuser.





