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Le journal pour les jeunes, par les  jeunes

L’industrie du textile : deuxième plus gros pollueur mondial ?

C’est bien connu, de nos jours, le cycle de vie de nos vêtements se raccourcit de plus en plus, ce qui va de pair avec notre surconsommation. Mais quels sont les dessous de cette “fast-fashion” ?

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Dans le désert d'Atacama au Chili, le 26 septembre. (Martin Bernetti/AFP).

Un bilan carbone catastrophique

Aujourd’hui, le secteur industriel du textile émet jusqu’à 10% des gaz à effet de serre mondiaux, ce qui équivaut à 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que l’ensemble des secteurs aérien et maritime réunis !

Cette “fast-fashion” se développe réellement à partir des années 1990-2000. D’ordinaire, les marques sortent deux collections par an, mais actuellement, des marques comme Zara et H&M, qui se sont implantées de plus en plus dans le monde, ou encore le géant chinois Shein, peuvent sortir entre 30 et 40 collections par an! De nouveaux vêtements apparaissent sur les sites chaque jour, pour un rendu économique toujours plus avantageux. On parle alors “d’ultra fast-fashion”. 

Comme nous le savons, la mode n’est jamais constante, et les nouveaux vêtements “tendance” que tout le monde s’arrache sont le fruit de ce renouvellement constant des collections, à un prix imbattable, et souvent de maigre qualité. 

Prenons un exemple : depuis 1996, dans l’UE, la quantité de vêtements achetés par personne a augmenté de 40%, soit 26 kg par année ! Dans le monde, c’est 100 milliards de tonnes de vêtements vendus par an. 

Le transport n’est pas non plus en reste. En effet, la majorité des vêtements étant produite dans des zones délocalisées en Asie (le coût de production et des travailleurs étant relativement bas), l’avion et les gros camions sont indispensables pour acheminer tous ces vêtements à l’autre bout du monde. Un jean peut parcourir jusqu’à 65.000 km, ce qui explique que le transport à lui seul génère 1,2 million de tonnes de CO2. 

Mais cette “mode-jetable” n’est pas seulement critiquée pour ses émissions de CO2 colossales, l’utilisation massive de l’eau et les conditions des travailleurs dans ces firmes gigantesques sont, elles aussi, pointées du doigt. En somme, un véritable désastre socio-environnemental. 

Une demande en eau toujours plus grandissante 

Cette industrie est le 3ème secteur le plus consommateur d’eau potable disponible dans le monde, allant jusqu’à 4%, après la culture du blé et du riz. La production d’une simple chemise ou d’un tee-shirt nécessite environ 2 700 litres d’eau, ce qui équivaut à la consommation d’une personne sur deux ans et demi. Pour fabriquer ce vêtement, 20 milles litres d’eau sont nécessaires pour avoir 1 kilo de coton. Cette catastrophe écologique se traduit par un assèchement des lacs et rivières en Asie, comme avec l’exemple de la mer d’Aral en Ouzbékistan. 

Mais il n’y a pas que le coton pour fabriquer nos vêtements, certains matériaux comme le polyester par exemple, représentant plus de 70% de la production totale, sont issus directement du pétrole. Ajouter à cela tous les pesticides, responsables de la mort de plus de 22 000 personnes par année (majoritairement des travailleurs), les matières animales de l’élevage intensif ou autres colorants artificiels, très souvent nocifs pour les travailleurs, qui ne possèdent pas de protection quant à leur manipulation.

Mais l’eau consommée puis rejetée n’est plus la même. En effet, à cause de toutes ces modifications, l’eau rejetée dans la nature (cours d’eau, rivières, mers et océans…) devient donc impropre à la consommation et mortelle pour les écosystèmes marins. Le lavage de ces matières synthétiques rejette 500 000 tonnes de microfibres chaque année (l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques !) ainsi que tout un tas de substances toxiques cancérigènes, comme l’azote, le phosphore ou encore l’arsenic. Selon la Banque Mondiale, cette pollution représente entre 17 et 20% des eaux usées. 

Pourtant, des solutions pour nous permettre de moins et mieux consommer, sont possibles !

Aujourd’hui, on entend souvent le terme “greenwashing” dans les médias, mais que veut-il dire exactement ? Le “greenwashing” c’est lorsque certaines marques se donnent une apparence ou une façade “écolo” en nous faisant sentir moins coupable mais sans réellement changer leurs méthodes ou nous pousser à mieux consommer. Plusieurs grosses marques telles que Nike ou Adidas sont dans le viseur.

Une prise de conscience devient donc primordiale car les enjeux sont importants, et ce, à toutes les échelles.

Tout d’abord, il y a la possibilité de faire attention au “gaspillage vestimentaire” : ne pas se laisser tenter par toutes les collections, privilégier les vêtements que l’on possède déjà ou les faire réparer, faire preuve de “slow-fashion”. Privilégier le recyclage des vêtements lorsque c’est possible, c’est le principe de la “seconde-main”. Au lieu de les jeter, on peut leur donner une seconde vie en friperie (alternative aux grosses marques), sur des sites de revente comme Vinted ou les donner à des associations caritatives. 

Envisager de privilégier des marques locales responsables serait également une solution. Il y a alors des petites quantités de vêtements, mais surtout certaines valeurs (transparence sur la fabrication etc) importantes aux yeux de certains. Favoriser aussi des vêtements en matière recyclée ou recyclable comme la cellulose de bois, le lin ou le chanvre. Certes, le recyclage n’est pas encore un réflexe puisqu’en France, seulement 20% des habits sont recyclés. Mais en 2016, 210 000 tonnes de textile ont ainsi été triés !

Chacun de nous peut amener des solutions concrètes et faire un pas significatif pour la planète. Mais ce n’est qu’au niveau international que de réelles mesures doivent être prises, et certains efforts restent à faire. Par exemple, en 2020, la Commission européenne a inclus l’industrie textile dans sa stratégie pour l’économie circulaire.

Auteur / autrice

  • Nour Mnasri

    Étudiante en Sciences politiques et relations internationales à HEIP, et ayant toujours eu un interet pour le monde journalistique ! Écrire sur des problématiques actuelles qu'elles soient politiques, culturelles ou environnementales me permet de m'exprimer et de partager mes connaissances.

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