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Uniformes à l’école : Ces établissements qui se soustraient à l’expérimentation pour la rentrée 2024

Le projet de l’uniforme trébuche dès le vestiaire. Plusieurs écoles candidates pour les essais prévus en septembre 2024 se sont déjà retirées. Le gouvernement assiste-t-il aux premiers signes de faiblesse d’un projet qui peine à faire l’unanimité ?

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Le port de l'uniforme à l'école divise au sein de l'opinion publique © Freepik
Le port de l'uniforme à l'école divise au sein de l'opinion publique © Freepik

C’est une idée qui semble peiner dès la mise en route. À peine lancé par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, le projet d’uniformes dans le secondaire ne fait déjà plus consensus au sein même de ses partisans. Manque d’organisation, désaccord avec les élèves et parents… Les raisons sont nombreuses.

Des avis divergents

Au sein même de la population, c’est une question qui divise. Certains y réfléchissent au nom de la réduction des discriminations.

« C’est bien de le remettre en place pour placer tout le monde sur un pied d’égalité », rétorque Cécile, 46 ans. Tandis que Laura 20 ans acquiesce, même si les inégalités ne se basent pas que sur les apparences.

D’autres sont plus nuancés sur le sujet.

« Ça peut permettre de gommer des écarts sociaux et culturels mais je ne suis pas sûre que ça marchera et ça n’aidera pas les jeunes à trouver leur identité. Et si c’est à cause de l’Abaïa, je trouve ça stupide », affirme Claire, 42 ans. « C’est du traditionnel. Paradoxalement je pense que ça va renforcer les inégalités. En plus ça va coûter cher », répond alors Gabriel, 24 ans. « On s’est battu pour la suppression de la blouse alors voir cela c’est nul. Ça masque la pauvreté du système. La différence se fait au niveau des établissements et des moyens », confirme Dominique, 70 ans.

Le sujet, pour le moins épineux, peine à faire consensus et y compris au sein d’une même génération. Alors quand l’adhésion de la part des parents ou des élèves est trop faible dans les établissements qui ont choisi de les consulter, certains préfèrent se retirer.

C’est le cas du lycée Ferdinand Buisson à Saint-Quentin dans l’Oise, avec à l’appui une pétition ayant récolté près de 80 signatures. Les parents d’élèves dénoncent une mesure faite de « contradictions ». Ils estiment que le budget nécessaire aux uniformes peut être redirigé vers d’autres postes aidant plus directement à la réduction des inégalités sociales. Même schéma pour le lycée Truffaut dans l’Oise. Cette fois-ci, ce sont les élèves eux-mêmes qui ont posé leur véto.

Le budget

Derrière ces refus, on ne peut ignorer la question du budget qui demeure sur toutes les lèvres. Qui s’apprête à financer cette expérimentation ? Les familles devront-elles la payer ?

Le coût des uniformes s’élèverait en moyenne à 200 € par élève avec un reste à charge nul pour les familles. Les frais seraient pris en charge de moitié par l’État. Le restant serait financé par la mairie, le département ou bien la région concernée.

Mais si le coût de cette opération ne reviendrait pas aux familles, certains attirent tout de même l’attention sur les postes de dépenses que l’État pourrait ou devrait prioriser. « Pour nous, l’argent doit aller à l’école pour recruter des enseignants, des surveillants, des infirmiers. C’est aussi une condition pour lutter efficacement contre le harcèlement, par exemple », expliquait Grégoire Ensel, président national de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves) au journal L’Humanité en février dernier.

Toutes ces réflexions mettent en exergue le doute quant à l’efficacité supposée de l’uniforme. Sera-t-il vraiment porteur de discipline et de respect des uns et d’autres ou sera-t-il, au contraire, qu’une simple vitrine derrière laquelle ces problématiques complexes demeureront ? Tous ces retraits montrent que même parmi les premiers partisans, certains n’ont pas réussi à statuer sur la question.

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