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Adrien Bilal : le réchauffement climatique coûte bien plus que prévu

Ce lundi 30 mars 2026, Adrien Bilal a reçu le prix du meilleur jeune économiste 2026, pour son étude The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global vs. Local Temperature, écrit avec Diego Känzig. Ce travail montre que l’impact du réchauffement global pourrait être bien supérieur à ce que les études traditionnelles indiquent. Les pertes de PIB mondial pourraient être considérables pour chaque degré de réchauffement.

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Remise du Prix du Meilleur Jeune Économiste 2026 à Adrien Bilal. © Le Cercle des économistes
Remise du Prix du Meilleur Jeune Économiste 2026 à Adrien Bilal. © Le Cercle des économistes

Une nouvelle approche globale du réchauffement climatique

Le Prix du Meilleur Jeune Économiste a été créé par Le Monde et Le Cercle des Économistes en 2000. Le modèle d’Adrien Bilal, permettant de mesurer les impacts globaux du désordre climatique, lui a permis d’être lauréat de cette 27e édition. Âgé de 35 ans, il est professeur assistant d’économie à Stanford (États-Unis), spécialisé dans les effets macroéconomiques du changement climatique. Passé par l’École Polytechnique, il a poursuivi son doctorat en économie à l’Université de Princeton. Ses recherches rassemblent la macroéconomie, l’économie du climat et l’économie spatiale et du travail.

Adrien Bilal, contrairement aux travaux précédemment parus par ses confrères économistes, a choisi une approche globale, plutôt qu’une approche locale. Il a pris en compte l’élévation des températures et leurs conséquences sur tous les écosystèmes. Il avait remarqué, dans les travaux existants, une absence d’analyse sur les effets de l’augmentation globale des températures.  Plusieurs études avaient été menées localement, établissant que les effets du réchauffement étaient assez faibles sur l’activité humaine. Dans ces analyses par pays, manquait alors dans les calculs et prévisions un paramètre important : la température des océans. Or, celle-ci « détermine les régimes d’évaporation, de précipitations et de formation des vents » (Adrien Bilal sur LinkedIn).

Cette approche globale remet ainsi en question les estimations traditionnelles, en soulignant que les effets du réchauffement climatique pourraient être largement sous-évalués.

Un impact économique bien plus élevé que prévu

Avec son co-auteur Diego Känzig, professeur assistant d’économie à la Northwestern University (États-Unis), Adrien Bilal a découvert des conséquences bien plus importantes que ce que les précédentes recherches démontraient. Les analyses des changements de température mondiale montrent des conséquences six fois plus importantes que les changements de température locale. Plus précisément, pour chaque degré Celsius de réchauffement global, plus de 20 % du PIB mondial serait perdu, entraînant un coût du carbone à plus de 1000 euros par tonne.

Ces résultats dépendent donc vraisemblablement des dérèglements de température océanique, puisque de nombreux phénomènes naturels (sécheresse, tempête, inondations) en découlent. Comme le soulignent les deux auteurs, ces phénomènes sont particulièrement coûteux pour l’économie globale. Ces conclusions suggèrent ainsi que le coût réel du réchauffement climatique pourrait être largement sous-estimé dans les politiques économiques actuelles.

Un signal d’alarme pour les politiques économiques

L’économiste Adrien Bilal, grâce à son travail, s’impose comme un lanceur d’alerte international sur les enjeux climatiques. Bien qu’il n’ait souhaité faire aucun parallèle avec la gouvernance de Donald Trump, les résultats de ses recherches devraient avoir des retentissements dans toutes les politiques nationales. Ses travaux constituent un appel aux grandes économies pour décarboner leurs activités, en dépit de ce que leurs voisins font. En effet, un effort de chaque pays entraînera un ralentissement du réchauffement global, et donc de ses conséquences physiques et économiques. Ainsi, les puissances ont tout intérêt à prendre des mesures afin de lutter contre le réchauffement climatique.

Il constitue ainsi un appel aux grandes économies à accélérer la décarbonation de leurs activités, indépendamment des choix de leurs partenaires. En effet, les effets du réchauffement étant globaux, l’inaction d’un État peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières. À l’inverse, une mobilisation collective, même progressive, permettrait de limiter l’ampleur des impacts économiques et environnementaux.

Dès lors, les grandes puissances ont tout intérêt à adopter des politiques ambitieuses de réduction des émissions, non seulement pour répondre à un impératif environnemental, mais aussi pour préserver la stabilité économique mondiale.

L’étude d’Adrien Bilal met ainsi en lumière une réalité souvent sous-estimée : le coût économique du réchauffement climatique pourrait être bien plus élevé que ce que les analyses traditionnelles laissaient entendre. En proposant une approche globale, intégrant notamment le rôle déterminant des océans, ses travaux renouvellent profondément la compréhension des liens entre climat et économie. Plus qu’une avancée académique, ils constituent un avertissement clair adressé aux décideurs : face à un phénomène global, seule une réponse coordonnée et ambitieuse permettra d’en limiter les conséquences économiques et humaines.

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