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Aux Etats-Unis, des primaires sans surprises 

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Mathis Lyko

En parallèle de mes études en Relations Internationales à l'Université de Genève, je fais partie de l'équipe politique au sein de CS Actu.
Le 6 novembre prochain, le peuple américain connaîtra le nom de son président pour les quatre années à venir. Sauf grand rebondissement, Joe Biden, président sortant et Donald Trump (président de 2017 à 2021) devraient s’affronter en Novembre prochain. Nous revenons avec Ludovic Tournès, professeur d’histoire internationale à l’université de Genève et expert de l’histoire des Etats-Unis sur le début des primaires et les échéances à venir.

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Les primaires ont été lancés aux Etats-Unis avec le premier caucus dans l'Iowa - Pexel.
Les primaires ont été lancés aux Etats-Unis avec le premier caucus dans l'Iowa - Pexel

Débutés le 15 janvier avec le caucus (vote financé par les partis et réservé seulement aux membres) de l’Iowa, les primaires américaines sont la première étape de l’élection américaine. Les deux candidats à la Maison-Blanche seront investis cet été, lors des Conventions des partis démocrates et républicains, avant de s’élancer dans la course à l’élection. Mais avant cela, les citoyens doivent désigner une tête de file de leur parti. Les primaires permettent d’allouer un nombre de délégués à chaque candidat, le candidat ayant le plus de délégués de son côté gagnant la primaire. 

Chez les républicains, Trump n’a pas de vis-à-vis. 

Pour le parti républicain, une majorité de 1215 délégués est nécessaire pour être nommé. 

Si à peine 3% des délégués ont été attribués pour le moment, le 45ème président des Etats-Unis est en tête, et risque d’y rester. Selon les différents sondages publiés par le site Five Thirty Eight (President: Republican primary : 2024 Polls | FiveThirtyEight), Donald Trump obtient entre 55 et 75% des intentions de vote, contre moins de 30% en moyenne pour sa concurrente Nikki Haley. Pour le moment, l’ex président capitalise 32 délégués, contre 17 pour N.Haley, et 0 pour le dernier rescapé des autres candidats, Ryan Binkley. 

Pour Ludovic Tournès, “ce scénario aurait été difficile à imaginer il y a 4 ans, notamment après l’attaque du Capitole par les partisans de Trump”. 

Seulement, personne aucun des candidats républicains encore en course ne semble en mesure de rivaliser avec le magnat de l’immobilier. 

“Le parti des Républicains est tétanisé”

Sa désignation (Trump) en tant que candidat des républicains ne fait pas vraiment de doute aujourd’hui, on a l’impression que le parti républicain est tétanisé. (…) Il n’y a pas vraiment de plan B avec le départ de Ron De Santis de la course aux primaires, il ne reste que Nikki Haley, qui n’aura pas vraiment de poids dans l’élection” ajoute le spécialiste. 

La primaire dans le New Hampshire en est le premier marqueur. Malgré les investissements en temps et en argent, Nikki Haley n’a pu que constater sa défaite. 

Le 21 janvier dernier, Ron De Santis, principal opposant de Donald Trump, s’est retiré de la primaire républicaine. “Il est clair selon moi que la majorité des électeurs républicains de la primaire veulent donner une autre chance à Donald Trump” s’est expliqué le gouverneur de Floride le 21 Janvier dernier dans une vidéo publiée sur X. “On a l’impression qu’il a jeté l’éponge après son score très faible. Il avait tout misé sur les caucus de l’Iowa“ explique Ludovic Tournès. 

La victoire de l’ancien président semble se préciser, dans les urnes et ailleurs. L’expert constate que “Ces derniers temps, les chefs d’entreprises ont donné un signe de cette tendance, en semblant se préparer à une élection de Trump, qui serait une bonne nouvelle pour eux.” 

Joe Biden en quête d’un nouveau mandat

Du côté démocrate, le suspense n’est pas à son comble non plus. Le président sortant Joe Biden est largement pressenti pour être investi en juin. Face à lui, personne ne semble faire le poids. Marianne Williamson, la controversée magnat du self développement et Dean Philipps, celui qui veut voir le trop vieux Joe Biden “passer le relais”, ne font figure que d’opposition fantoche. 

La situation du parti démocrate n’est pas vraiment meilleure. Alors que Kamala Harris était pressentie il y a quatre ans pour prendre le flambeau de Biden. Ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui. La relève n’est pas là, et l’aile plus à gauche du parti semble complètement étouffée“, constate Ludovic Tournès.

Les premiers résultats le confirment, et malgré que son nom ne figure pas sur les listes dans le New Hampshire, c’est lui qui est arrivé en tête. Cependant, aucun délégué n’a été attribué. Le Comité national démocrate n’approuve pas le scrutin. Les autorités du New Hampshire ont refusé de laisser la Caroline du Sud ouvrir le bal des législatives, comme souhaité par Biden et les démocrates. 

Les prochaines échéances 

Le calendrier de cette année d’élection est chargé, et plusieurs dates clés sont à retenir. Tout d’abord le traditionnel “Super Tuesday”, soit les élections primaires dans 14 États qui tombe le 5 mars cette année. Ce jour marque généralement une grande étape dans la désignation des deux candidats à la Maison-Blanche. Notamment avec les résultats des primaires en Californie et au Texas, deux des plus gros États en termes de nombre d’habitants, donc de poids électoral.  

Présidentielle américaine 2024 : primaires, caucus et conventions, les dates à retenir avant l’élection (huffingtonpost.fr)

Les dernières élections se tiendront le 4 juin dans quatre États différents, et les derniers caucus démocrates le 8 juin. Du 15 au 18 juillet, la convention républicaine à Milwaukee désignera le candidat à la Maison-Blanche. La convention démocrate se tiendra quant à elle à Chicago, du 19 au 22 août. 

Donald Trump devant la justice 

L’une des grandes interrogations de ce début de primaire concerne Donald Trump. Ses procès peuvent-ils menacer sa candidature à la Maison-Blanche ? 

Au total, 3 procès attendent l’ancien chef de l’Etat au cours de cette année électorale. 

Le premier, et le plus attendu, s’ouvrira à Washington à partir du 4 mars prochain. Plusieurs chefs d’accusation ont été retenus contre Donald Trump. Parmi eux, “complot frauduleux contre les Etats-Unis” avec la diffusion de fausse information sur la fraude, ou encore “obstruction à une procédure officielle” après son refus d’accepter la victoire Joe Biden. La date de fin de procès n’est évidemment pas connue pour l’heure, mais il pourrait avoir un impact sur le déroulé de la campagne électorale, car ce procès s’ouvre la veille du “Super Tuesday”. 

Les deux autres procès s’ouvriront respectivement les 25 mars et 20 mai prochains. Il est accusé de paiements secrets lors de la campagne de 2016 et de recel de documents classifiés à Mar-a-Lago. 

Pour Ludovic Tournès, “Il y a deux aspects dans ces procès, un juridique et l’autre politique”. Juridiquement, Donald Trump “espère voir les procédures repoussées après les élections, il fait d’ailleurs appel systématiquement, mais l’immunité pénale lui a été refusée jusqu’à présent”, explique l’historien. “La procédure la plus dangereuse pour lui est sans doute en Géorgie, pour tentative d’obstruction à l’élection, car elle ne peut être annulée par la grâce présidentielle. C’est la plus inquiétante” ajoute-t-il. Seulement, ces procès ne semblent pas impacter l’image de l’ancien président, au contraire. “Politiquement, on a l’impression que plus il y a de procès, plus la base républicaine se radicalise“, explique Ludovic Tournès. 

Si le résultat des primaires ne fait presque aucun doute, tant les “deux grands-pères” ont écrasé la course. Les sondages pour l’élection de novembre sont pour le moment très serrés.

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