Brésil : un second tour de l’élection présidentielle qui s’annonce plus incertain que prévu

Au Brésil, le candidat de gauche et ex-président Lula est arrivé en tête du 1er tour de la présidentielle avec 48% des voix, devant le président sortant d’extrême droite, Jair Bolsonaro (43%). Il n’a pas atteint la barre de 50% nécessaire pour l’emporter dès le 1er tour, comme le prédisaient certains sondages, mais a toutefois a déjoué les prédictions des instituts de sondage, qui le donnaient déjà perdant. Un second tour aura lieu le 30 octobre.
L’ex-président Lula (à gauche) arrivé en tête du premier tour de la présidentielle avec 48% des voix, devant le président sortant d’extrême droite, Jair Bolsonaro (à droite).
Quels sont les sondages du second tour ?

Pour le second tour de l’élection présidentielle, les sondages soumettent l’hypothèse d’un duel entre Lula et Bolsonaro donnant l’avantage au candidat de la gauche. En effet, la plupart des médias, à quelques différences près, donnent des sondages similaires.

Le média brésilien Estadão donne 51% des voix pour Lula contre seulement 38% pour le président sortant. De même, The Economist laisse présager la victoire de Lula avec 57% contre 43% pour Bolsonaro.

La campagne de l’élection présidentielle a repris son cours depuis le lundi 3 octobre en vue du deuxième tour. Elle s’annonce acharnée et remplie de tensions entre les deux candidats, mais également entre leur base électorale.

Des soutiens de taille pour Jair Bolsonaro

Malgré une gestion controversée de la crise sanitaire, avec plus de 680 000 morts au Brésil, le recul de la forêt amazonienne sous son mandat et une politique ultra-libérale, Jair Bolsonaro continue d’attirer de nombreux électeurs.  

Le premier soutien dans les électeurs de Bolsonaro sont les évangélistes chrétiens. Ils représentent un quart de la population brésilienne. Le président sortant, catholique de naissance, s’est même converti en 2016, ce qui a certainement assurer une partie de leur vote. Il défend leurs lignes conservatrices comme l’interdiction du droit à l’avortement, le lobby des armes ou encore l’idéologie du genre. La présence de son épouse, Michelle Bolsonaro durant la campagne renforce ce soutien puisqu’elle est une fervente croyante, très populaire chez les évangélistes.

D’autres électeurs en sa faveur sont nombreux parmi le secteur agro-alimentaire. Ce secteur fait vivre 1 brésilien sur 10, en dépit de terres agricoles gagnées sur la forêt amazonienne. L’objectif principal est de produire. Il est le seul candidat à toucher les électeurs qui ont une vision davantage économique et productiviste, laissant parfois l’environnement au dépourvu.

Bolsonaro détient également le soutien de personnalités populaires. Le footballeur Neymar a appelé à voter pour le président sortant en dansant sur une musique de campagne de Bolsonaro. Ronaldinho appelle également à voter pour lui. Plus récemment, c’est l’ex-président américain Donald Trump qui lui apporte soutien à travers une vidéo ou il le nomme « mon ami ».

L’inquiétude d’une contestation des résultats de la présidentielle par Bolsonaro

Le scénario privilégié de l’élection présidentielle brésilienne est celui d’une victoire de Lula au second tour. Ce dernier se prépare désormais à une bataille : “Je n’ai jamais gagné une élection au premier tour, il semble que le destin aime me faire travailler un peu plus dur”, a déclaré Lula. Toutefois, si cette hypothèse satisfait une grande partie des électeurs, elle n’est pas du goût des militants de Bolsonaro, en particulier des plus radicaux et la réaction de ces derniers est très redoutée. Selon plusieurs spécialistes du Brésil, Jair Bolsonaro a tout mis en place durant son mandat et sa campagne, en remettant en cause et en dénigrant le système et les instituts électoraux ou encore le vote électronique, pour contester les résultats de l’élection présidentielle en cas de défaite.

La contestation de Bolsonaro fait peu de doute toujours d’après les politologues avertis mais, plus qu’une protestation, c’est le mouvement social d’insurrection qu’elle pourrait entrainer qui inquiète.

Les autorités craignent alors une version brésilienne de la prise du Capitole qui avait secoué les Etats-Unis en 2020 après la défaite de Donald Trump. Une comparaison qui a du sens quand on sait que Jair Bolsonaro est considéré comme le “Trump” de l’Amérique latine.

Elections présidentielles au Brésil : le dernier combat de Lula ?

Après avoir écopé de huit ans de prison pour corruption dans l’affaire de l’entreprise publique Petrobras, Lula n’avait pas pu se présenter aux dernières élections. Il a passé 28 mois en détention jusqu’à ce que la justice annule ses condamnations pour vice de forme, et accuse le juge qui l’avait condamné de partialité.

Libéré il y a deux ans, Lula a naturellement repris la tête de l’opposition au président Bolsonaro. Il a formé une grande coalition de dix partis, allant de l’extrême gauche au centre droit. Sa candidature a reçu le soutien de plusieurs anciens candidats à la présidence, comme l’écologiste Marina Silva, des magistrats, des intellectuels, et de nombreux artistes, comme Caetano Veloso.

À 76 ans, Lula se lance à la présidence pour la sixième fois ce qui pourrait bien être son dernier combat, en dépend des résultats du second tour des élections le 30 octobre prochain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts
Un marin de la Marine Nationale lors de la levée des couleurs sur un navire - Marine Nationale via Twitter
Lire plus

Matelot de 1ère classe Annic: “Devenir réserviste de la Marine Nationale est un engagement citoyen par le fait de participer à la défense de son pays.”

Dans le cadre de la fête nationale du 14 juillet, nous avons eu l'opportunité d'interviewer le Matelot de 1ère classe Annic pour une plongée dans les coulisses de la réserve de la Marine Nationale, une des composantes de l'Armée française. Agé de seulement 20 ans, Léopold Annic a fait le choix de s'engager dans la réserve de la Marine Nationale en parallèle de ses études à l'INSA Lyon. Pour CSactu, il a accepté de revenir sur le sens de son engagement en tant que Matelot réserviste et sur le poste de guetteur sémaphorique qu'il occupe au sein de la FOSIT Méditerranée, unité importante de la Marine Nationale, qui a pour rôle de gérer la chaîne sémaphorique Méditerranéenne.
Charles-Henri Le Billan, candidat à la députation de la seconde circonscription de la Corrèze, à la Gare SNCF de Brive-la-Gaillarde - Valentin FRANCY
Lire plus

Charles-Henri Le Billan: “Les 18-35 ans sont les grands oubliés des programmes politiques des différents partis parce qu’ils votent peu.”

Charles-Henri Le Billan, âgé de 37 ans, est candidat à la députation de la seconde circonscription de la Corrèze. Jardinier de profession, Charles-Henri le Billan s'engage dès l'âge de 25 ans en politique où il entre au Mouvement des Jeunes Socialistes et participe à la campagne de Pierre Cohen à Toulouse. En 2017, il s'inscrit dans le mouvement de fronde M1717, qui deviendra par la suite Génération.s, par fidélité aux idées de Benoît Hamon auxquelles il croyait. En 2020, il s'est également présenté aux élections municipales de la ville de Brive-la-Gaillarde sur la liste de Shamira Kasri. Suite à des divergences politiques avec Génération.s, il s'encarte à la Gauche Républicaine et Socialiste qui le porte candidat pour les élections législatives de 2022. Pour CSactu, il a accepté de répondre à nos questions et de nous délivrer sa vision de la politique et de la jeunesse. Il a également accepté de nous parler de la Gauche Républicaine et Socialiste, parti de " l'arc humaniste" pour reprendre l'expression d'Eric Piolle, figure politique chère à Charles-Henri Le Billan.
Lise Quillot, candidate sans étiquette pour la seconde circonscription de la Corrèze au bar-tabac le Conti à Brive-la-Gaillarde - Valentin FRANCY
Lire plus

Lise Quillot: “être candidate sans étiquette, c’est être libérée de l’étiquette partisane !”

Lise Quillot est âgée de 30 ans. Originaire de Brive-la-Gaillarde, elle quitte la Corrèze pour ses études et sort diplômée de SciencesPo Lyon. Elle s'est également illustrée en sillonnant le département à vélo dans le cadre de sa campagne. Pour CSactu, la candidate aux élections législatives pour la seconde circonscription de la Corrèze a accepté de répondre à nos questions concernant son parcours et le sens de son engagement en politique en tant que « candidate sans étiquette, indépendante et citoyenne ».
Total
0
Share