Chloé Herzhaft : « Il n’y a pas assez de jeunes qui s’investissent pour se présenter à l’ensemble des élections, qu’elles soient locales et municipales, départementales, régionales ou nationales.»

Nous avons eu l’opportunité de rencontrer Chloé Herzhaft candidate NUPES – EELV sur la seconde circonscription de la Corrèze. Accompagnée par son suppléant Adem Ersoy et son chef des opérations Cyril Nouhen, la candidate répond à nos questions en acceptant d’échanger avec nous sur sa vision de la politique à l’échelle de la Corrèze ainsi que de sa vision de la politique nationale, son engagement politique pour le parti Europe Ecologie Les Verts et la NUPES, mais aussi de la jeunesse.
Chloé Herzhaft, candidate NUPES ( EELV ) dans la seconde circonscription de Corrèze - Valentin FRANCY
Chloé Herzhaft, candidate NUPES ( EELV ) dans la seconde circonscription de Corrèze – Valentin FRANCY
Vous êtes élue au conseil municipal de Brive-la-Gaillarde et secrétaire régionale du parti Europe Écologie Les Verts. Pouvez-vous nous dire un mot sur ces deux fonctions ?

Concernant mes fonctions au sein du Conseil Municipal, je suis également élue à l’agglomération de Brive donc cela se traduit par une action assez concrète et importante. Cette fonction d’élue à l’agglomération me permet d’avoir une connaissance plus fine du territoire, des enjeux, des problèmes mais aussi des leviers de développement du territoire. De plus, au sein d’EELV, je suis co-secrétaire régionale et cela me donne encore un autre regard, un autre espace d’action, de compréhension, de dialogue et d’écoute que je cultive. Cet espace me permet notamment de faire remonter les informations du terrain au niveau national et inversement pour les informations à échelle du national sur l’ensemble des départements du Limousin.

En parlant d’échelle nationale, pourriez-vous nous parler de votre parti politique, c’est-à-dire d’Europe Écologie Les Verts ?

Alors Europe Écologie Les Verts essaye d’apporter une écologie politique positive, en lien avec les réalités de notre époque, ses besoins et la nécessité de faire comprendre ce que c’est que l’écologie politique. Donc sa fibre est fondamentalement sociale et humaniste. De plus, toutes les méthodes, toutes les méthodologies pour assurer un avenir viable à tout le monde sur le plan social, économique, et bien sûr, sur le plan environnemental sont promues par le parti.

Yannick Jadot se montre très discret depuis la débâcle / le mauvais score d’EELV aux élections présidentielles où il n’a obtenu que 4,63 % des voix, bien loin des estimations espérées. Pensez-vous qu’une page s’est tournée pour le parti ou du moins dans son histoire ?

Non parce que classiquement pour EELV, c’est a peu près le résultat qui se fait à toutes les présidentielles parce que ce parti a une action et une volonté de s’implanter dans les territoires qui est plus importante et a priori plus utile. C’est-à-dire qu’on préfère partir de la base pour porter l’écologie politique qui fait sens, qui est efficace et pédagogique.

Vous êtes candidate à la députation de la seconde circonscription de la Corrèze et investie par la NUPES. Quel est votre avis sur cette alliance et sur la décision de Julien Bayou de s’allier à Jean-Luc Mélenchon pour les élections législatives ?

Cette union était attendue et désirée. Les électeurs et les électrices ont été très clairs sur la nécessité de se mettre ensemble pour d’abord être plus efficaces mais aussi plus forts ensemble. C’est une excellente chose et c’est aussi pour cela que je suis fière et particulièrement convaincue de cette nécessité et de la force de cette union. J’espère également que, et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir, pour que cette union perdure au-delà des élections législatives.

Cette alliance a décidé de faire confiance à votre candidature pour porter leur voix. Comment fait-on pour porter la voix de divers partis politiques, tout en sachant qu’ils ont leur propre sensibilité ?

L’idée est quand même de se rejoindre, c’est-à-dire de se concentrer et de développer tout ce qui nous uni. C’est notamment une compréhension, une conscience de la société réelle. Par exemple, de concevoir, mais surtout d’entendre que d’un côté on a près de 10 millions de françaises et de français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté en France alors que nous sommes la 6ème puissance économique mondiale, et de l’autre côté une poignée de multimilliardaires, 5 multimilliardaires qui ont autant que 27 millions de français. Et puis, il reste au milieu les classes populaires et les classes moyennes qui ne s’en sortent plus. Ceci est un constat que toutes les nuances et les composantes de la NUPES ont en commun. Après, sur les points où il y a des désaccords, l’idée c’est déjà de vivre comme une forme d’enrichissement réciproque et enfin être dans la solution. Je dirais même que le dialogue est la solution collective.

La NUPES est un mouvement qui prône l’alliance de la gauche française. Pourtant, des tensions ont rapidement émergé suite à cette alliance d’EELV, d’LFI, du PS et du PCF voir même des candidatures alternatives ou dites dissidentes. De plus, le ministère de l’Intérieur ne reconnaît pas votre alliance puisque dans votre cas, vous êtes officiellement une candidate Divers Gauche. Peut-on parler d’un échec de la NUPES à s’inscrire dans le paysage politique français ?

Non pas du tout ! Bien au contraire… C’est quelque chose d’historique, la preuve en est que quelque chose de grand et d’important est en train de se passer. Pour moi, c’est tout l’inverse, c’est très bon signe.

Ainsi, vous parleriez plutôt d’une volonté politique de nuire à cette alliance justement qui est inédite ?

Non, je respecte les idées des uns et des autres. Le fait que cela puisse être incompris ou pas voulu par des candidats ou non voulu par des candidatures dissidentes est regrettable mais ils ont leur propres avis. De plus, je ne vais pas dire que cela est anecdotique, mais par rapport à l’investissement de l’écrasante majorité des candidats et des candidates dans cette union, j’y vois d’avantage le signe que cela fonctionne et que cela à un avenir.

Étant candidate à la députation, pouvez-vous nous parler de votre vision du rôle de député ?

Alors le député est un relais territorial. Il doit donc être le reflet de son territoire au niveau national. L’Assemblée nationale est faite de représentants de 577 circonscriptions. Si on ne vient pas à l’Assemblée nationale avec cette compréhension et ces connaissances fines de son propre territoire, alors le législatif devient abstrait et ne fais plus sens.

Quelle est votre vision politique de la circonscription ?

Cette circonscription, elle est en partie urbaine, en partie rurale. De plus, par le passé, c’était considéré comme deux mondes qui s’opposent je dirais. Je pense que politiquement, c’est tout l’inverse. C’est une chance et une véritable opportunité. Il faut lier ces spécificités de notre territoire et faire en sorte qu’il y ait une synergie, que cela fonctionne ensemble et se développe ensemble. Fondamentalement, c’est cela et c’est ce qui fera l’attractivité de notre territoire, cette capacité à se développer durablement.

La thématique de la jeunesse est la grande oubliée de cette campagne autour des élections législatives que cela soit au niveau local comme national. Je parle d’un point de vue médiatique notamment. Qu’en pensez-vous ?

Les jeunes se posent des questions et fondamentalement se demandent à quoi sert la politique pour eux. C’est à cela qu’il faut répondre mais pas seulement pour eux, il faut que cette démarche se fasse avec eux. Nous devons les intégrer dans la question politique. Comment est-ce qu’ils peuvent, eux aussi, participer ? Bien sûr, il y a le vote mais au-delà de cela, est-ce qu’ils peuvent s’engager ? Prenons l’exemple de la NUPES. Nous avons tous été très attentifs à ce qu’il y ait au moins 15 voire 20% de candidatures de jeunes de moins de 30 ans. C’est assez inédit aussi, cela n’a pas été facile mais nous y sommes parvenus. Cela est essentiel, il faut que la jeunesse soit représentée et comprenne que ces enjeux politiques la concernent en premier chef.

Si vous êtes élue députée de la seconde circonscription de la Corrèze à l’issue des deux scrutins, quelles propositions de loi à destination de la jeunesse soumettriez-vous au vote de l’Assemblée nationale ?

Il y en a plusieurs dans le programme de la NUPES. C’est un programme de gouvernement. Concernant la jeunesse, il y a au moins 650 mesures de proposées. Il y a déjà, par exemple, le revenu minimum de 1 063 euros net qui permettrait de les aider largement et de leur faire comprendre qu’ils sont intégrés, écoutés et considérés.

Etant sensible à la cause de l’écologie, qu’avez-vous pensé de la mobilisation de la jeunesse en faveur du climat insufflée par Greta Thunberg ?

J’en ai pensé que du bien ! ( elle sourit ) J’ai été, par exemple, présente à Brive pour le seatting des lycéens qui ont répondu à l’appel de Greta Thunberg. Je leur ai dit qu’ils ne sont pas l’avenir mais le présent. Le dérèglement climatique c’est tout de suite et maintenant. Ce n’est pas dans des décennies, c’est maintenant ! De plus, c’est eux qui ont raison, qui comprennent et qui sentent qu’il faut qu’ils s’investissent et qu’ils fassent entendre leurs voix. C’est essentiel et je n’en pense que du bien.

Quel message souhaiteriez vous délivrer à la jeunesse et que diriez-vous à un jeune qui désire s’engager en politique ?

Je lui dis qu’il a raison. Le politique c’est lui, la République c’est lui, le présent c’est lui ! Sans la jeunesse, la politique n’a pas de sens. C’est extrêmement important et c’est une évidence. Je lui dis bienvenue, on ouvre grand les portes, faisons de la politique ensemble !

Quel est votre opinion sur des initiatives comme CSactu de proposer un journal pour les jeunes fait par les jeunes ?

J’en pense que du bien également. Là nous avons tout ce qu’il faut, c’est-à-dire des jeunes investis pour faire ce journal et des jeunes investis pour le faire vivre en le partageant, en le lisant, en le valorisant. C’est à la fois collaboratif, participatif et profondément convaincu aussi. J’ai lu rapidement le journal et le flyer que vous m’avez donnés et je pense que cela fait sens et que, pour le coup, c’est particulièrement dans l’ère du temps.

Pour clore cette interview, je souhaiterais vous poser une question ouverte : souhaiteriez-vous aborder un point que je n’ai pas évoqué avec mes questions ?

Non, je pense que vous avez une vision d’ensemble de la jeunesse mais je voudrais particulièrement insister sur le fait que la jeunesse doit d’engager en tant que candidat et candidate. Cela est vraiment essentiel et il n’y a pas assez de jeunes qui s’investissent pour se présenter à l’ensemble des élections, qu’elles soient locales et municipales, départementales, régionales ou nationales. C’est essentiel !

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