Liz Truss : Une Première ministre aux débuts mouvementé 

Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique, a connu des débuts mouvementés pour son arrivée au pouvoir. Seulement quelques jours après son arrivée, la reine Élizabeth II s’est éteinte. Un chamboulement important pour le Royaume-Uni, l’ensemble des pays du Commonwealth mais également pour le monde entier. Pendant plus de dix jours, le pays a semblé fonctionner telle une fourmilière, éclipsant l’arrivée de Liz Truss au pouvoir. Depuis la fin des funérailles de la souveraine, la Première ministre commence tout juste la mise en œuvre de ses ambitions politiques.
Première rencontre entre le roi Charles III et Liz Truss à Buckingham le 9 septembre 2022 (Photo : Yui Mok/PA Photos/ABACAPRESS.COM)
Mais qui est Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique ? 

Malgré son ascension en tant que cheffe du Parti conservateur depuis le 5 septembre 2022, Liz Truss est dans le paysage politique depuis déjà plusieurs années. Repérée par l’ancien Premier ministre David Cameron, Liz Truss commence à occuper ses fonctions au cabinet en tant que secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales. Ainsi, elle travaillera sous le gouvernement de David Cameron, de Theresa May en 2016 puis de Boris Johnson en 2019. Mais avant de s’engager dans la politique, Liz Truss est à l’origine une directrice commerciale dans le secteur privé. 

En remportant la victoire avec près de 57% des voix, Liz Truss devient la troisième femme à occuper les locaux au 10 Downing Street. En effet, cette dernière succède à Margaret Thatcher, élue en 1979 et à Theresa May, élue en 2016. Au-delà de cela, Liz Truss devient également la femme la plus jeune à occuper le poste de Première ministre en étant âgée de seulement 47 ans. Surnommée par certains comme « la nouvelle Dame de Fer », en référence à l’ancienne Première ministre Margaret Thatcher, Liz Truss ne tarit pas en promesses et souhaite mettre en œuvre ses politiques au plus vite. 

Cependant, malgré son élection, Liz Truss a fait l’objet de nombreuses critiques de la part des Britanniques. En effet, le parcours politique de cette dernière a pu en faire sourire certains au vu des projets qu’elle souhaite appliquer. En étant conservatrice, le parti de droite du Royaume-Uni, Liz Truss est pourtant issue du monde de la gauche. À l’époque, la Première ministre se considérait comme libérale-démocrate, s’opposant clairement à la monarchie et demandant son abolition. Elle considère cette époque de sa vie comme une « erreur » et assume pleinement le fait d’avoir connu un changement de bord politique. 

Une arrivée mouvementée au pouvoir 

Après seulement deux jours de son élection en tant que Première ministre, Liz Truss a dû faire face à un grand changement pour le Royaume-Uni : le décès de la reine Élizabeth II. Pendant dix jours, le pays a été chamboulé, tout comme le monde entier. Cérémonies, discours, veillées funèbres et funérailles se sont enchaînés. Un protocole royal très strict qui ne laissait place à aucune improvisation. Les moindres faits et gestes étaient scrutés et décryptés par les médias. Des premières apparitions délicates pour la Première ministre. 

En seulement quelques jours, Liz Truss a donc connu les deux souverains pour lesquels elle doit servir son pays. Après avoir fait connaissance avec la reine Élizabeth II, cette dernière a dû faire sa première rencontre aux côtés du roi Charles III, tout juste devenu monarque. L’ensemble de ces changements représente une lourde responsabilité pour les personnes en charge du pouvoir britannique. 

Lors des funérailles de la reine, Liz Truss a pris la parole, en lisant un texte tiré de l’Évangile de St Jean. Un hommage religieux et majestueux, succédé par le chant « Le Seigneur est mon berger » au sein de l’abbaye de Westminster. Après l’enterrement de la reine Élizabeth II, l’emploi du temps de la Première ministre était chargé, lui rappelant ses obligations en tant que cheffe du gouvernement. 

Ses premiers pas sur la scène internationale 

Après avoir consacré le début de son mandat au décès de la reine, Liz Truss doit donc rattraper son retard, en seulement quelques jours. Dix jours se sont écoulés sans qu’aucune décision n’est pu être prise au Parlement. C’est donc à l’Assemblée Générale des Nations Unies que la première ministre a pu commencer véritablement son mandat, ce mardi 20 septembre. Elle devra également ajouter à son programme un entretien avec le Président des États-Unis, Joe Biden. Pendant cette entrevue, Liz Truss devra expliquer son point de vue et sa position concernant le protocole nord-irlandais. Ce sujet survient notamment à la suite du Brexit et toutes les conséquences commerciales que cela a engendrées. 

Après les États-Unis, c’est aux côtés de la France que Liz Truss doit s’entretenir. En effet, après avoir laissé en suspens la question concernant l’amitié franco-britannique, la Première ministre a pu rencontrer Emmanuel Macron afin d’échanger sur les questions ukrainiennes tout particulièrement. Le Président français n’a pas hésité à réaffirmer « la volonté de la France d’avancer avec le Royaume-Uni ». De plus, ce dernier a rappelé que le « Royaume-Uni était une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants ». Une façon élégante de tendre la main vers la nouvelle Première ministre britannique. 

Ses premiers pas sur la scène internationale lui ont permis de se faire davantage connaître auprès du grand public. Cependant, il lui faudra de nouvelles opportunités pour convaincre le peuple britannique de ses compétences en tant que Première ministre. En effet, certains résument son programme politique et économique par « moins d’impôts, moins d’État, et plus de libre-échange ». Mais au vu des nombreuses crises auxquelles le Royaume-Uni doit faire face, il semblerait que ses premières mesures soient considérées comme quelque peu impopulaires auprès du peuple britannique. 

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