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Le journal pour les jeunes, par les  jeunes

Une Assemblée nationale sanctionnée pour son mauvais comportement

L’année 2023 s’achève laborieusement à l’Assemblée nationale. Désormais théâtre d’une certaine acrimonie où règne une inconvenance régulière et croissante à mesure que les débats s’y tiennent.

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Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale - Pexels.
Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale - Pexels

De nombreuses personnes attribuent aujourd’hui à l’Assemblée Nationale un caractère virulent presque agressif. Cette XVIe législature se dessine peu à peu sous un trait unique, bien loin de la noble fonction parlementaire que la France a pu connaître. Si la chambre basse n’a évidemment jamais été exempte de toutes vitupérations, il semble que celles-ci se soient substituées à d’inhérentes invectives. Des mots tels que « assassin », « nazi » ou encore « racistes » tendent à devenir communs au sein de l’hémicycle. Ils laissent alors imaginer lesquels peuvent être prononcés hors séances.

Des sanctions de plus en plus nombreuses 

Des comportements, signes d’une passion politique pour certains, reflètent une insolence et une vulgarité pour d’autres. Ils s’accompagnent donc de sanctions, pouvant aller de la simple remise à l’ordre à l’exclusion temporaire, voir à la privation d’une partie de l’indemnité parlementaire comme ce fut le cas pour le député Ugo Bernalicis. Il semble que la période Macron soit propice à ces sanctions. Les deux dernières années 2022 et 2023 étant celles des records de peines : 8 pour la première contre 145 pour la seconde.

Les députés de la Nupes, et particulièrement ceux de la France insoumise, en sont les maîtres, comptant pas moins de 76 d’entre eux sujets à des sanctions. Mais surtout victimes disent-ils d’une justice à « géométrie variable » telle que la décrit l’Insoumise Marianne Maximi. En témoigne par exemple le simple rappel à l’ordre adressé au député Renaissance Rémy Rebeyrotte pour avoir effectué un salut nazi au sein de l’hémicycle. Face à la ponction dont avait écopé le député Insoumis François Ruffin pour le port d’un maillot de football au sein de l’hémicycle en 2017.

Origines de cette violence 

Mais alors, d’où viennent ces troubles ? Il semble qu’une Assemblée aussi hétéroclite que celle que nous connaissons, composée de dix groupes parlementaires aux radicalités assumées, s’accompagne naturellement de débordements. De même, certainement que l’augmentation des députés LFI et RN, respectivement aux nombres de 74 et 88, alimente ces diatribes. Le groupe de la majorité présidentielle Renaissance ne disposant d’une majorité absolue, celui-ci laisse place à une liberté plus accrue pour des oppositions qui ne ménagent pas leurs mots.

Si la présidente de l’Assemblée nationale parle d’une « dérive des comportements », il semble que celle-ci ne soit pas l’apanage de cette législature. L’historien Jean Garrigue rappelle en effet l’existence du confessionnal où l’on enfermait les députés jugés trop véhéments durant la IIIe République du fait des violences verbales et physiques qui s’y accompagnaient. Tout comme les esclandres qui ont accompagné les débats autour du projet de loi relatif à l’IVG en 1974 par exemple.

Une virulence reconnue par beaucoup

Pour certains, ces diatribes et ces violents comportements n’ont rien de nouveau. CSActu est allé interroger quelques citoyens français afin de savoir ce qu’ils en pensent réellement. Jacques, 50 ans, parle « d’attitudes théâtrales » au sein de l’hémicycle. Selon lui, « quand on est élu, on se doit d’avoir un certain vocabulaire et une certaine tenue ». Une autre personne interrogée évoque des débats étant « à l’image de la société ». Cette inquiétude se tromperait donc de cible et devrait davantage se porter sur cette dernière plutôt que sur l’Assemblée nationale seule. Nonobstant, ce n’est pas l’avis de Geneviève, 80 ans, pour qui « si violence il y a, elle n’est pas représentative de l’époque ». Et encore moins représentative des partis qui composent la chambre basse, puisque, selon elle toujours, il n’y aurait « ni plus ni moins de violence d’un gouvernement à l’autre ». Enfin, Thomas, âgé de 40 ans, se réjouit des débats, signes de la « bonne forme de la démocratie » affirme-t-il, mais déplore tout de même un « manque de courtoisie »

Beaucoup s’interrogent sur l’année à venir à l’Assemblée nationale. À en croire son habitude, il semble que celle-ci ne marquera pas le retour de l’accalmie. La véhémence semble bien installée et devrait rapidement y faire son retour.

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