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Le journal pour les jeunes, par les  jeunes

La success story de Birkenstock : de la honte au must-have

Après avoir essuyé plusieurs décennies de moqueries, la marque Birkenstock connaît la consécration : depuis quelques années, elle enchaîne rupture de stocks sur rupture de stocks. Retour sur cette success story singulière.

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Plusieurs modèles de sandales à double brides Birkenstock | ©Birkenstock

Si la marque a fait son grand retour dans la fashion sphère grâce à son iconique sandale, Birkenstock existe depuis bien longtemps. Créée en 1774 lorsque le cordonnier allemand Johann Birkenstock ouvre son atelier, elle est la plus ancienne marque de chaussures encore en activité. A l’époque, Johann Birkenstock fait parler de lui pour son innovation révolutionnaire : la semelle orthopédique.

Mais ce n’est qu’en 1964 qu’apparaît la « Birk » telle qu’on la connaît, lorsque Karl Birkenstock imagine la fameuse sandale à double bride. S’il est à l’origine d’une des paires de chaussures les plus vendues au monde, il n’attache que peu d’importance au côté esthétique : le confort étant sa principale préoccupation. Il élabore une semelle en liège avec une forme creuse qui enveloppe le pied, y ajoute un bosselage pour soutenir la voûte plantaire, ainsi que des petits bourrelets pour maintenir les orteils. Le grand public tombe rapidement sous le charme de la chaussure, séduit non pas par sa beauté mais par sa praticité : ils commencent même à la porter avec des chaussettes. Cette pratique vaudra aux touristes allemands et à leur style vestimentaire un bon lot de moqueries : tout le monde rit au nez des claquettes chaussettes.

Famille allemande portant les sandales Birkenstock avec des chaussettes en 1968 | ©British Vogue
Publicité Birkenstock sortie en novembre 1995 et encourageant les clients à porter les sandales avec des chaussettes. | ©Agenda Publications

La chaussure des hippies

Deux ans plus tard, en 1966, Margot Fraser, une californienne en vacances en Allemagne découvre les Birkenstock et en tombe complètement amoureuse : elles sont pratiques, confortables, et vont avec tout. Elle rentre aux Etats Unis avec plusieurs modèles dans sa valise et un objectif en tête : démocratiser la marque sur le continent américain. Là-bas, elle essuie plusieurs échecs. Les magasins de chaussures n’en veulent pas : ils les trouvent tout simplement moches. C’est la désillusion pour Margot, mais elle ne lâche pas l’affaire : elle change de cible et parvient à convaincre les magasins bio. Les « Birk » deviennent populaires auprès des hippies californiens, symboles de la contre-culture et de l’anticapitalisme. Pourtant, malgré un succès florissant, elles tombent peu à peu dans l’oubli.

Hippies californiens arborant des Birkenstock en 1977 | ©British Vogue

Ce n’est autre que le célèbre créateur Marc Jacobs qui tente leur grand retour au début de sa carrière en 1993, lorsqu’il est directeur artistique de la marque Perry Ellis. Pourtant, le défilé déçoit, son choix est vivement critiqué, et il est renvoyé dans la foulée.

La mannequin Tyra Banks portant des Birkenstock le directeur artistique Marc Jacobs dans les coulisses du défilé printemps de Perry Ellis en 1993. | ©Fairchild Fashion Archives

Après la honte, la consécration

En 2012, c’est Phoebe Philo qui les remets au goût du jour en proposant une version fourrée pour la marque Céline, qu’elle surnomme « Furkenstock ». Cette fois-ci c’est un immense succès : le moche devient « cool » et la haute couture accueille à bras ouvert la sandale allemande, si longtemps décriée. D’Emrata à Gigi Hadid, en passant Kendall Jenner ou Cara Delevigne : toutes les mannequins célèbres les arborent fièrement, et sans chaussettes cette fois-ci.

« Furkenstock » designées en 2012 par Phoebe Philo pour Céline. | ©Glamour
Kendall Jenner portant des Birkenstock en 2021 | ©Footwear News

Birkenstock surfe sur sa vague et décline son modèle phare dans toutes les couleurs. Elle collabore également avec plusieurs grands noms de de la mode : Valentino, Rick Owens, Manolo Blahnik, ou encore Dior. L’engouement autour de la marque attire l’attention de riches investisseurs : le milliardaire Bernard Arnault rachète Birkenstock pour 4 milliards d’euros en 2021. La marque intègre alors le groupe LVMH, aux côtés de Louis Vuitton, Fendi, Tiffany & Co et bien d’autres.

Depuis, les ventes sont toujours aussi florissantes : sorti en 2021, le modèle Boston [sabot revisité en matière daim], connaît un succès immédiat. En rupture de stock permanente, il devient denrée rare et est même parfois revendu plus cher que son prix initial sur des plateformes de revente.

Auteur / autrice

  • Bénédicte Le Gall

    Diplômée d'une licence en sciences politiques et relations internationales, j'aspire à devenir JRI reporter de guerre spécialisée dans la région du Moyen-Orient. J'écris ponctuellement pour les rubriques politique et culture de CS Actu, l'occasion de partager avec mes lecteurs des articles reflétant mon attrait pour les questions internationales et le milieu artistique.

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