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L’administration Trump freine l’éolien offshore aux États-Unis

Ce lundi 27 avril, le ministère américain de l’Intérieur a annoncé l’abandon de deux projets d’éolien offshore. Malgré une capacité estimée à alimenter plus de deux millions de foyers, l’administration Trump confirme son opposition au développement des énergies renouvelables. L’entreprise française Engie figure parmi les acteurs impliqués dans ces projets.

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@Moray East Offshore Wind Farm

Un énergéticien français sous le coup de la décision

Le premier projet abandonné est Bluepoint Wind. Cette ferme éolienne offshore devait être située au large du New Jersey et de New York. Le projet associait le groupe français Engie, le portugais EDP Renewables ainsi que la société d’investissement GIP, détenue par BlackRock. Le second projet concerné est Golden State Wind, en Californie. Ocean Winds, joint-venture réunissant Engie et EDP Renewables, y était également impliquée, aux côtés de Reventus Power, soutenu financièrement par le fonds de pension canadien CPPIB. Les deux projets devaient fournir de l’électricité à plus de deux millions de foyers.

Cette décision s’inscrit dans une politique énergétique déjà engagée par l’administration Trump. Fin mars, deux autres projets éoliens portés par TotalEnergies au large de New York et de la Caroline du Nord avaient déjà été interrompus. Au total, ces quatre programmes auraient permis d’alimenter près de 3,6 millions de foyers en électricité, tout en renforçant la sécurité énergétique du pays.

Les dossiers des quatre projets étant encore en phase d’étude, les entreprises impliquées devraient être remboursées des sommes déjà engagées. Toutefois, l’administration américaine encourage désormais les investissements dans les infrastructures pétrolières et gazières aux États-Unis, notamment dans les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette orientation confirme la volonté de Donald Trump de privilégier les énergies fossiles au détriment des renouvelables.

Dans un entretien accordé à l’AFP, Engie a néanmoins assuré rester « pleinement engagé dans le développement de l’éolien en mer, principalement en Europe et en Asie-Pacifique ».

Nouvelle manifestation de la politique énergétique pétrogazière

Donald Trump, climatosceptique assumé et fervent défenseur du secteur pétrolier, s’est également opposé à plusieurs projets déjà avancés. L’administration américaine avait tenté de bloquer cinq dossiers d’éolien offshore, invoquant des risques pour la sécurité nationale. La justice fédérale a toutefois autorisé la poursuite de certains projets. Deux d’entre eux ont ainsi pu être achevés et raccordés au réseau électrique : Revolution Wind, au large de Rhode Island, et Vineyard Wind, dans le Massachusetts.

« Nous nous débarrassons d’ailleurs de ce qui est faussement nommé renouvelables. C’est une blague : elles ne marchent pas, elles sont trop chères », déclarait Donald Trump à l’ONU en septembre 2025.

Doug Burgum, ministre américain de l’Intérieur, a dénoncé le coût élevé de l’éolien pour les finances publiques, estimant que cette énergie ne fonctionne « qu’avec des subventions massives ». Il reprend ainsi les critiques régulièrement formulées par Donald Trump à l’encontre des énergies renouvelables. Pourtant, plusieurs études, dont le rapport Renewables 2025 de Agence internationale de l’énergie, montrent que les énergies renouvelables deviennent plus compétitives dans de nombreux projets. Le coût actualisé de production de l’électricité (LCOE) de certains parcs éoliens atteint désormais des niveaux capables de concurrencer les énergies fossiles traditionnelles, même sans aides publiques.

Selon le Sabin Center for Climate Change Law de Université Columbia, Donald Trump aurait mené plus de cinquante actions visant à réduire les politiques climatiques et énergétiques durant son premier mois de mandat en 2025. Parmi elles figure la suspension des aides prévues par l’Inflation Reduction Act (IRA), adopté sous la présidence de Joe Biden. Validé par le Congrès en 2022, ce plan était considéré comme le plus important investissement climatique de l’histoire des États-Unis.

Vers une insécurité énergétique

Cette décision illustre l’incertitude qui peut entourer les grands projets énergétiques, même après plusieurs années de développement. Sous couvert d’arguments budgétaires et stratégiques, l’administration Trump remet en cause une partie des politiques énergétiques engagées par les précédentes administrations.

Au-delà du coût des différentes sources d’énergie, la question de la sécurité énergétique reste centrale pour les États-Unis. Les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les fluctuations des marchés des hydrocarbures ont rappelé la vulnérabilité des économies fortement dépendantes des combustibles fossiles. Dans ce contexte, les énergies renouvelables apparaissent pour certains experts comme un moyen de renforcer l’autonomie énergétique et de limiter les risques liés aux crises internationales.

En privilégiant les investissements dans les hydrocarbures au détriment de l’éolien offshore, l’administration Trump confirme une orientation énergétique en rupture avec les politiques climatiques engagées ces dernières années aux États-Unis. Ce choix pourrait non seulement ralentir la transition énergétique américaine, mais également accentuer les débats autour de la sécurité énergétique et de la compétitivité des énergies renouvelables dans un contexte international toujours plus instable.

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