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La Nouvelle-Calédonie : un territoire d’outre-mer sous tensions

Situé en Océanie, la Nouvelle-Calédonie est un territoire d’outre-mer français depuis 1853. Depuis cette date, 3 référendums pour l’indépendance du territoire ont eu lieu, débouchant systématiquement sur un refus. Cette année, un quatrième vote aura lieu le 12 décembre, et les indépendantistes et les loyalistes se font à nouveau face. Dans un contexte sanitaire se dégradant sur l’île, les tensions s’accroissent quant à cette date de mobilisation nationale. Retour sur la situation actuelle des néo-calédoniens.

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Des affiches de campagnes de différentes organisations politique s’opposent quant au référendum sur l’indépendance
Des affiches de campagnes de différentes organisations politique qui s’opposent quant au référendum sur l’indépendance. Photo Théo ROUBY/AFP
Premiers conflits à l’approche du référendum suite à la dégradation de la situation sanitaire :

Alors que la situation sanitaire en métropole tend à se calmer avec l’augmentation de la vaccination, ce n’est pas les cas en Nouvelle-Calédonie. Depuis septembre, l’île est plus touchée qu’auparavant par l’épidémie, et 245 personnes sont décédées. Un confinement a ainsi été instauré le week-end. Même si le taux d’incidence commence alors à baisser avec cette mesure, la conjoncture pose problème quant au prochain référendum.

En effet, celui-ci est censé se tenir le 12 décembre prochain. Il est le 3ème et dernier référendum de l’accord de Nouméa de 1998, visant à un transfert de certaines compétences à la Nouvelle-Calédonie. Pour les indépendantistes calédoniens, il est donc très important, et le contexte actuel ne leur est pas favorable selon eux.

Avec le nombre d’hospitalisations augmentant, il leur semble plus compliqué pour la population de se concentrer sur le vote qui arrive. Pour les malades, ce n’est pas leur priorité, mais pour les familles également, ce sujet passe après. Les indépendantistes ajoutent qu’il serait mal venu de parler de procuration dans ce climat. C’est pourquoi, ils ont espéré un déplacement de la date prévue, ce qu’avait promis le gouvernement en cas de situation sanitaire défaillante. Mais la décision a été pour l’instant celle de maintenir le 12 décembre. L’avancée de la COVID n’étant pas jugée dramatique, l’État n’a pas souhaité modifier ce qui était déjà prévu.

C’est donc là que les premières tensions sont apparues. Le plus important groupe d’indépendantistes, le front de libération national kanak et socialiste (FLNKS), est monté au créneau. Ils réclament un report du référendum à 2022, sinon, ils appellent au boycott de celui de décembre.

Une réunion de membres du FLNKS, devant leur drapeau pour la Nouvelle-Calédonie indépendante

De leur côté, les loyalistes sont contre le déplacement de ce scrutin. Ils pensent que le contexte de l’île est un prétexte pour le FLNKS, qui espère réaliser une campagne plus importante. Eux appellent donc à la mobilisation de tous les calédoniens en décembre, pour en finir avec ce référendum. Leur objectif est qu’à nouveau, les habitants votent en faveur du « non » pour l’indépendance.

Le ministère des territoires d’outre-mer a dû intervenir. L’État a donc réquisitionné la venue de policiers et de gendarmes pour que le vote puisse se passer au mieux.

Une ingérence chinoise ?

Depuis un moment déjà, l’influence chinoise en Nouvelle-Calédonie n’est plus à prouver. Au-delà de son emprise sur l’Asie et sur une partie de l’Océanie, le lien entre les deux territoires est économique. En effet, les chinois sont les principaux acheteurs du nickel calédonien, qui est l’une des ressources phares de l’île. Ainsi, la Chine joue un grand rôle dans les revenus générés par les entreprises calédoniennes.

Ce référendum pour l’indépendance serait donc, selon certains, un moyen pour Pékin d’étendre son influence. Ce serait l’opportunité de faire du commerce plus facilement, et de passer des accords avec un éventuel futur gouvernement. Plus encore, certains médias ont déclaré que les services secrets français auraient décelé certains agissements de l’influence chinoise. Le parti communiste au pouvoir financerait les groupes indépendantistes pour leur campagne toujours selon ces médias. Certains s’interrogent donc s’il faut s’inquiéter ou non de la Chine dans ce référendum.

D’autant plus que les institutions communes aux deux lieux se sont multipliées ces 20 dernières années. Tout d’abord, l’association de l’amitié sino-calédonienne est la première à avoir vu le jour et à avoir eu une influence. Puis, plusieurs jumelages se sont faits et un consulat chinois a ouvert sur l’île. Si les indépendantistes nient un quelconque financement chinois ou une quelconque aide, il n’en est pas moins que la Chine a des intérêts pour ce département français.

Ainsi, il semblerait que les services français fassent attention sans trop s’inquiéter non plus. L’ingérence chinoise ne peut être que limitée tant que la Nouvelle-Calédonie reste française. Cependant, il paraîtrait qu’une vigilance soit de mise, à seulement quelques mois désormais du scrutin pour une potentielle indépendance.

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