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Le journal pour les jeunes, par les  jeunes

Interview Liam Tourki : La future star française du halfpipe

Picture of Thomas Dory

Thomas Dory

Étant un grand passionné de l'actualité sportive, je suis actuellement étudiant en MSc1 Management du sport à l'INSEEC Lyon, en alternance chez All In Group en tant qu'assistant chef de projet évènementiel. Membre de CSactu depuis maintenant deux ans, j'occupe le poste de journaliste et directeur de l'équipe sport. En vous souhaitant une bonne lecture !

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liam tourki

Liam Tourki : « Mon principal objectif est de me qualifier pour les JO ! » Liam Tourki est un snowboardeur français, né le 25 Mars 1999 à Grenoble. Son dernier résultat est la 20ème place du halfpipe hommes à Laax (Suisse) lors de la saison 2020/2021. Aujourd’hui, il est licencié au club des 7 Laux mais traverse le monde entier (Canada, États-Unis…) pour aller rechercher les plus belles hauteurs de son sport.

Le halfpipe, un sport peu connu mais magnifique à regarder et très dur à pratiquer

Le halfpipe, qui est aussi appelé demi-lune, est une structure utilisée pour les sports de glisse comme le ski freestyle ou le snowboard. Cette structure neigeuse se présente sous la forme d’un demi tube. Il est constitué de deux longs murs de neige de forme arrondie. Les halfpipes classiques atteignent une hauteur de 5 mètres, mais certains peuvent aller jusqu’à 7 mètres de haut, on les appelle les « SuperPipes ».

Les buts recherchés dans cette discipline sont la hauteur du saut (grimpant parfois jusqu’à 10 ou 12 mètres) mais aussi l’esthétisme et la performance de la figure. La difficulté d’un saut réussi sur un halfpipe est très élevée. Rester en l’air sur une trajectoire verticale demande une concentration et une aisance extrême dans ce sport. Le halfpipe en snowboard est devenu une discipline olympique depuis peu de temps (1998 à Nagano), et plus récemment le ski halfpipe a pris une autre dimension aux JO d’hiver (2014 à Sotchi).

halfpipe neige
Le halfpipe qui a accueilli les Winter X-Games Europe, en 2012 à Tignes

Je souhaite réellement remercier Liam Tourki d’avoir pris sur son temps de repos pour avoir répondu à toutes mes questions. Il faut dire qu’en cette période, Liam part beaucoup à l’étranger entre ses entraînements et les compétitions…

“Liam, peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Je m’appelle Liam Tourki, j’ai 21 ans. Je suis membre de l’Équipe de France de snowboard halfpipe depuis 2017. Depuis 2 ans maintenant, je suis toute l’année le circuit Coupe du Monde dans cette discipline. En parallèle de ma carrière sportive, je suis en deuxième année de licence de géographie et aménagement du territoire à Grenoble (UGA).

À quel âge as-tu commencé l’halfpipe ?

J’ai commencé à faire du halfpipe la première année où je suis rentré au club de snowboard des 7 Laux. Si je me souviens bien, ça devait être en janvier 2007. Je pratiquais déjà le snowboard avant puisque mon père m’avait fait essayer très jeune. Le club des 7 Laux a toujours été axé principalement sur le freestyle, mais à cette époque on faisait de tout et le halfpipe n’était qu’une discipline parmi tant d’autres (Slopestyle, Boardercross, Slalom Parallèle, Freeride…).

Quelle est ta spécialité ?

Je dirais que ma spécialité sont les rotations à plat. Le but du halfpipe est de faire des figures dans les airs en allant le plus haut possible et en faisant le plus de tour sur nous même. Il y a deux sortes de figures, les rotations à plat (où la tête reste plus ou moins en haut tout le long de la figure) et les rotations désaxées (où les jambes passent au-dessus de la tête au moins une fois). En halfpipe, c’est en général plus dur de faire un grand nombre de rotations à plat que de faire un grand nombre de rotations désaxées.

Quelle est ta plus grande réussite ? (Récompenses…)

Je pense qu’au niveau des résultats, ma plus grande performance est d’avoir fini 3ème au classement général du circuit Coupe d’Europe, c’est ce qui m’a permis de me qualifier, la saison suivante, sur le circuit Coupe du monde.

En revanche, au niveau de ma carrière sportive, je suis très fier d’avoir été invité à deux reprises au Burton US Open à Vail dans le Colorado (États-Unis). C’est une compétition indépendante extrêmement reconnue dans le monde du snowboard où l’on peut uniquement participer si l’on reçoit une invitation de la part des organisateurs. C’était un rêve depuis que je suis tout petit et c’était incroyable d’y participer !

Pourquoi as-tu choisi l’halfpipe et pas un autre sport de glisse ?

Jusqu’en 2014, je faisais des compétitions internationales dans deux disciplines différentes, le halfpipe et le slopestyle. Mais à la fin de cette saison, j’ai compris que ça allait être vraiment difficile de continuer dans les deux disciplines en même temps et qu’il fallait que je fasse un choix. Je me faisais plus plaisir en halfpipe à ce moment-là et c’est en bonne partie pour ça que j’ai choisi cette discipline en particulier.

As-tu un exemple d’une personne qui t’inspire ? (Star…)

Je pense que comme tous les snowboarders qui font de la compétition, j’admire Shaun White (triple médaillé d’or au JO en halfpipe). C’est une légende du snowboard. C’est en grande partie grâce à lui que le snowboard est autant médiatisé à travers le monde. C’est un très grand compétiteur qui a déjà tout gagné plusieurs fois et qui est toujours capable de revenir plus fort d’une année à l’autre. Par sa technique, son engagement et sa détermination, il m’a toujours inspiré ! Pour moi, il a autant d’importance dans le monde du snowboard que Federer en a dans le monde du tennis ou que Lewis Hamilton en a en Formule 1, ce sont le même genre de champions.

Aujourd’hui, arrives-tu à gérer les études et ta passion en même temps ?

J’arrive assez bien à associer les deux mais c’est parce que j’ai la chance d’être à l’université de Grenoble. Mon sport me demande énormément de temps et d’investissements personnels, si l’université de Grenoble ne m’offrait pas d’aménagement particulier, ce double projet ne serait pas possible. Je suis d’ailleurs un des seuls athlètes de ma discipline sur le circuit Coupe du Monde à suivre en parallèle des études supérieures.

Pour vous expliquer rapidement, en tant que sportif de haut niveau en snowboard, je dispose à l’université d’un aménagement appelé « inter’val ». Cet aménagement me permet de suivre les cours à distance et à mon propre rythme (je n’ai pas le même calendrier que tout autre étudiant pour le rendu final des notes). Je peux également étaler chaque année scolaire en plusieurs années (j’ai fait ma L1 en 2 ans en m’occupant uniquement de la moitié des UE à chaque semestre).

Est-il dur de se faire une place dans ce sport ? (Concurrence…)

C’est effectivement assez compliqué de se faire une place dans le monde du snowboard et surtout de vivre de cette passion. J’ai des désavantages assez importants comparé à d’autres athlètes venant d’autres nations comme les États-Unis, la Suisse ou encore le Japon. Le premier, c’est qu’en France il y a très peu d’installations qui me permette de m’entraîner en halfpipe et je suis contraint de partir m’entraîner à mes propres frais à l’étranger une grande partie de l’année. Ensuite, la médiatisation du snowboard en France est très faible, peu de personnes savent ce qu’est le snowboard halfpipe et de ceux qui savent, peu s’y intéressent vraiment. Cela a un impact important dans le soutien que l’on reçoit des marques, des entreprises et même des stations. Peu d’établissements français souhaitent investir dans ce sport, et nous les athlètes, sommes les premières victimes car nous avons beaucoup moins de moyens que les athlètes des autres pays. La médiatisation est très importante pour nous, c’est elle qui va ensuite nous permettre de nous faire inviter sur les plus grands évènements comme les X Games ou l’US Open.

Tu t’entraînes combien de fois par semaine ?

Ça dépend un peu de la période, mais en hiver je dirais 5 à 6 jours par semaine sur la neige hors semaine de compétition. En été, je serais plus vers 4 jours par semaine mais comme c’est de la préparation physique, je peux avoir deux séances dans la même journée.

As-tu déjà eu des chutes spectaculaires lors de compétition ou entraînement ?

Oui… Je me suis déjà cassé quelques os et fait de bonnes entorses lors de mes entraînements. Sinon j’ai eu une grosse chute lors de ma première participation à l’US Open en 2019 mais je m’en étais bien sorti !

Comment vois-tu ton avenir ? (Sport, métier…)

Mon avenir à long terme est assez flou je dois dire… Je ne me suis pas trop penché sur ce que je souhaite faire après mes études avec mon diplôme. Pour l’instant, je me concentre à fond sur ma qualification pour les JO de Pékin dans 1 an. C’est mon objectif principal depuis plusieurs années et c’est maintenant que tout se joue !

As-tu envie de faire passer un message aux jeunes de ton âge qui visent eux aussi le haut niveau comme toi ?

Il ne faut rien lâcher, il y a toujours des hauts et des bas. Il faut savoir faire des sacrifices. Personnellement je regarde toujours ceux qui sont bien meilleurs que moi en snowboard, ça me motive énormément de voir le potentiel de progrès que je peux encore faire si je m’investis davantage.

Que penses-tu de notre journal CS Politique Business & Sport ?

C’est bien d’avoir un nouveau journal qui se lance et qui s’axe autant sur le sport. Il se passe tellement de choses dans le monde du sport chaque jour et chaque semaine qu’on a toujours besoin de plus de journaux pour faire connaître chaque aspect du monde du sport.”

liam tourki neige montagne snowboard
Liam lors d’un entraînement à Saas Fee, en octobre 2019 (Suisse)

Liam est jeune et aspire à une belle carrière dans le halfpipe, qui est avant tout une passion pour lui. Nous espérons tous qu’il se qualifiera pour les JO de Pékin. Il fait partie des plus grands espoirs français, à même pas 22 ans. Nous souhaitons tous qu’il revienne avec une médaille aux prochains JO.Thomas DORY – 14/02/2021

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