La vie de célébrité : un repos dans la mort ?

Le Met Gala 2022, événement tant attendu par les célébrités américaines, marque les esprits avec des styles, costumes et thèmes iconiques. Marilyn Monroe est mise à l’honneur par la très célèbre star de télé-réalité Kim Kardashian. Pendant ce temps, en France, Thierry Ardisson interviewe Dalida dans sa nouvelle émission insolite : L’Hôtel du Temps. Le dénominateur commun de ces deux événements n’est autre que le décès de ses deux femmes. Alors, l’époque nous permet-elle de faire revivre les disparus ? Pouvons-nous entrer dans l’intimité d’une robe faite sur-mesure pour une femme tourmentée par un contexte de liaison dangereuse ? N’est-il pas dangereux de promouvoir le passé par la technologie plutôt que la nostalgie ?  Mais alors qui sont ces femmes, et pourquoi une polémique entoure les deux événements précédents ?
Marilyn Monroe sur la couverture d'un livre
Marilyn Monroe sur la couverture d’un livre

Marilyn Monroe.

Marilyn Monroe est une actrice américaine des années 50. Née le 1ᵉʳ juin 1926 à Los Angeles, elle décède le 4 août 1962 dans cette même ville à l’âge de 36 ans. Elle est l’égérie du style Pin-Up. La jeune femme se démarque physiquement avec des mensurations pulpeuses qui cassent les codes de l’époque. Sex-symbol, elle sera par ailleurs la première couverture du magazine Playboy en 1953. Véritable icône de mode, sa vie, jetée en pâture aux médias de l’époque, sera tout aussi marquante. Son décès n’en est, lui, que plus mystérieux. 

La cause officielle est une overdose de somnifère qui mène l’enquête à l’hypothèse probable du suicide. Pourtant, la piste de l’accident voire même du meurtre n’est pas à exclure. Évidemment, ces hypothèses n’ont fait que gonfler ces dernières années et ne sont, pour la plupart, qu’affabulations. Véritable phénomène, chacun y va de sa petite théorie. Tandis que la mention “suicide probable” interroge.

Elle parvient à devenir une enfant de l’industrie américaine. Star de renom, influence mondiale, elle aura une liaison tristement célèbre avec le Président John Fitzgerald Kennedy. La police annonce que la jeune femme a depuis toujours des troubles mentaux et qu’elle avait exprimé à plusieurs reprises son envie de tout arrêter, et même son envie de mourir. 

Faisant l’objet de tous les désirs, elle s’est vite retrouvée réduite à cette image de jeune femme blonde sulfureuse. Enfermée dans un carcan aussi étroit, il lui était difficile de vivre comme elle l’entendait. Sa vie est rythmée de tragédies. Elle ne trouva pas le bonheur dans le mariage et eu recourt à l’IVG plusieurs fois laissant derrière elle la jeune femme vive et joyeuse. 

Icône encore bien présente de la pop culture, l’Histoire de l’actrice n’a pas été de tout repos. Atteinte de trouble bipolaire et sujette à des épisodes maniaco-dépressifs ; la tranquillité n’aura jamais été son foyer.

“Happy Birthday Mr President”.

Maîtresse du Président des Etats-Unis, John Fitzgerald Kennedy, elle va lui chanter cette fameuse chanson publiquement au cours d’un gala de collecte de fonds pour le Parti démocrate et de la célébration de l’anniversaire du président le 19 mai 1962. Connue pour son humour et son ironie, elle n’hésite pas à s’adresser directement à son amant. C’est lors de cet événement qu’elle va porter une robe qui a refait surface il y a quelques jours. Cet événement est pour elle l’occasion de briller, elle va promettre une robe historique à Richard Adler, producteur de la soirée. 

Cette robe veut suggérer la nudité sans la montrer. D’ailleurs lors des prises de mesures, Marilyn Monroe sera complètement nue pour permettre à la robe d’être une deuxième peau de soie. La robe créée à même le corps de l’actrice comporte 2 500 perles de cristal. La robe de couleur chair est tellement ajustée que l’actrice elle-même trouve du mal à l’enfiler. Elle ne porte donc rien en dessous, doublé seulement au niveau de l’entre-jambe et de sa poitrine. 

La robe devient un monument du style hollywoodien et fait partie intégrante de la personnalité de la jeune femme. Elle est alors surnommée la “robe JFK”.

Après sa mort, la robe est alors restée 27 ans dans une boîte en carton avant d’être vendue aux enchères pour 1,3 million de dollars.

De Madonna à Lana Del Rey, cette robe a été copiée par un grand nombre de stars. Mais une polémique concerne la robe originale. La star de télé-réalité américaine Kim Kardashian et icône influenceuse des tendances de mode depuis une décennie, a décidé de porter la pièce unique au Met Gala. 

Kim Kardashian

Kimberly Noel Kardashian est née le 21 octobre 1980 à Los Angeles. C’est une célébrité d’influence et star de sa propre télé-réalité, “L’Incroyable Famille Kardashian”. Émission à succès, elle est propulsée au rang de femme d’affaire en ouvrant des sociétés et fait ses premiers pas dans la production.

La jeune femme, habituée à collectionner les pièces maîtresses de stars -elle possède la veste de Michael Jackson-, fait sensation au Met Gala. En effet, la célèbre femme a porté pour quelques minutes seulement la robe JFK. Bien que marquante, elle est vivement critiquée pour avoir potentiellement abîmé cette pièce de musée. En effet, les mensurations des deux femmes, malgré une image sulfureuse commune, ne partagent pas du tout le même corps. La star a été obligée de perdre 7 kilos en quelques semaines pour pouvoir entrer dans cette robe. Par ailleurs, des photos des essayages montrent qu’ils furent sportifs, car malgré tout, le tissu était trop étroit. 

Les critiques viennent de tout bord, stylistes catastrophés, couturiers en colère, fans désemparés, et même des actrices y vont de leurs avis. Il est évident que cette robe est faite pour être vue, c’est d’ailleurs ce pourquoi elle a été demandée par Marilyn Monroe à l’époque. Néanmoins, la question de légitimité et surtout de volonté du défunt se pose. Les biographes de Marilyn Monroe sont mitigées. Faut-il laisser la défunte en paix, loin de cet orgueil médiatique qui l’avait poussé dans ses retranchements ? 

Outre cette polémique éthique, beaucoup sont persuadés que la robe est bel et bien abîmée. Alors comment justifier des dégâts volontaires au nom d’un événement mondain ? 

Pour autant, nous ne pouvons qu’admirer la beauté et la simplicité de la très fameuse “robe JFK”. Malgré tout, Kim Kardashian a pu subjuguer les plus jeunes d’entre nous et porter l’Histoire de Marilyn Monroe jusqu’aux nouvelles oreilles de la jeunesse. 

Phénomène de mode ? 

Le public est habitué aux grands rebondissements qu’offre le cinéma, les émissions télévisées ainsi que les séries. Comment continuer de surprendre un public de plus en plus exigeant et de moins en moins intéressé par le programme télévisé ? Thierry Ardisson a, semble-t-il, trouvé la solution. 

À l’instar de la star américaine Kim Kardashian, l’animateur et producteur a su, lui aussi, ressusciter une histoire, un phénomène musical. Mais ce n’est pas par son biais qu’il y est parvenu, mais bien grâce aux avancées technologiques et aux effets spéciaux. Dans sa nouvelle émission “Hôtel du temps”, Thierry Ardisson interview Dalida. 

Dalida



Iolanda Gigliotti, ou Dalida, est née le 17 janvier 1933 au Caire. D’origine italienne, elle est naturalisée française et meurt à Paris le 3 mai 1987. Devenue célèbre pour ses chansons, elle compte dans son répertoire, plus de sept cents titres interprétés en plusieurs langues. 

Son polyglottisme lui permet d’être connue au-delà de la scène française. Elle parvient donc à se faire une place à l’international. Dalida est donc la première chanteuse française a gagner un disque d’or en 1957.


Femme fatale, elle a été miss Egypte à l’âge de 21 ans avant de venir s’installer en France. C’est ce sobriquet de femme fatale qui lui causera beaucoup de tort. Car à l’instar de sa consœur, Marilyn Monroe, elle aussi n’a pas pu s’épanouir du côté sentimental. Mariée une première fois, elle quittera son mari au bout de quelques mois et il se suicidera 7 ans après la séparation. Son deuxième amour va se tirer une balle dans le crâne après avoir perdu un concours de chant. Il avait expliqué dans une lettre que c’était un acte de protestation envers un public qui ne le comprend pas. Le troisième homme de sa vie, avec qui elle partagera 10 ans d’aventure, met aussi un terme à ses jours deux années après leur séparation. 

Sa mort en 1987 est en réalité un suicide suite à une forte dose de barbituriques, qu’elle avale avec du whisky. Ses derniers mots au monde seront des plus bouleversants, “pardonnez-moi, la vie m’est insupportable”. 

L’autel du temps.

C’est grâce au “Face Retriever” et du “voice cloning” que la présence de la défunte a pu être réalisée. Il a également fallu nécessiter l’actrice Julie Chevallier. Le jeu d’acteur est primordial pour la réussite du projet. L’imitation de sa gestuelle, ses expressions de visage et ses tics verbaux sont essentiels pour la crédibilité. C’est à la suite de ce premier tournage que les effets spéciaux sont ajoutés pour rendre l’illusion quasi parfaite.

Les premières publicités ont reçu un accueil très mitigé auprès du public. La mauvaise qualité des effets spéciaux était une possibilité qu’avait dénoncé le public. Pourtant, les doutes s’envolent et l’illusion est un franc succès. Les fans ont pu retrouver leur idole le temps d’une soirée. 

Mais faire parler les morts est assez controversé. Et si en réalité, elle ne souhaitait pas que l’on revienne sur son suicide ? Ou d’autres instants de sa vie ? Où même simplement se faire ressusciter et le faire parler sans avoir aucun contrôle de facto sur ce qu’on peut lui faire dire ? 

Hommage ou représentation édulcorée ?

C’est un nouveau problème qui surgit avec la technologie. Les risques n’ont pas été titanesques, fort heureusement, c’est un retour sur sa vie qui a cimenté l’interview. Pour autant, c’est un problème éthique que nous devons nous poser. 

Tout comme le cas de Marilyn Monroe, ce phénomène d’hommage aux célèbres défunts se fait de plus en plus puissant. Certains considèrent ces gens comme des objets de distraction et non plus comme des entités à part entières avec des passés douloureux et des volontés propres. 

Il est beaucoup plus simple de gommer les défauts de ces personnes lorsque tout le monde souhaite simplement retrouver la nostalgie qu’elles provoquent. Ce qui est éthiquement incorrect. 

Saluons tout de même les performances qui ne voulaient que mettre ces femmes à l’honneur. Tout comme nous ne saurons jamais si elles auraient été honorées de ces hommages, on ne sait pas si elles les auraient détestées. 

Finalement, la technologie amène une nouvelle dimension de questions et de polémiques éthique, pourrons-nous un jour tenir une conversation thérapeutique avec un parent décédé ?

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