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Le prix du carbone s’envole, une bonne nouvelle pour la planète ?

La semaine dernière le prix de la tonne carbone a explosé sur le marché européen des droits à émettre. Le carbone a franchi pas moins de huit records ces dix derniers jours. Cependant, le prix croissant du carbone est vu par certains investisseurs comme une nouvelle taxe qui pourrait impacter durement le tissu industriel.

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Le carbone en france
Le prix du carbone s'envole

La semaine dernière le prix de la tonne carbone a explosé sur le marché européen des droits à émettre. Le carbone a franchi pas moins de huit records ces dix derniers jours. Le prix du carbone s’envole. Cependant, le prix croissant du carbone est vu par certains investisseurs comme une nouvelle taxe qui pourrait impacter durement le tissu industriel.

Une tendance sur le long terme

Cette semaine, l’explosion des prix de la tonne carbone sur le marché européen des droits à émettre a choqué tous les investisseurs. Le prix du carbone s’envole représentant la tonne de CO2 d’une augmentation d’environ 18,5 % en 1 semaine.

Cependant, Cette augmentation spectaculaire  s’inscrit dans une tendance plus longue de progression de la valeur de la tonne carbone. En effet, le carbone a doublé de valeur depuis le début de l’année jusqu’à atteindre, la semaine dernière, son pic historique avec un prix de 75 € par tonne.  

Comment expliquer une telle hausse ?

Le facteur principal d’augmentation de la tonne carbone vient des conclusions encourageantes de la COP26.

La COP26 s’achevait il y a près de 2 semaines avec a la clé un accord conclu autour du marché carbone.

La finalisation de l’article 6 concernant les crédits carbone a contribué à créer une tendance haussière sur le marché du carbone. En parallèle, l’Allemagne a aussi plaidé pour l’établissement  d’un prix plancher de la tonne de carbone à 60 €. Ces deux annonces ont eu pour effet de créer une forte augmentation des prix du carbone qui a largement profité aux fonds d’investissement.

Impact sur les entreprises : le prix du carbone s’envole

Cette forte hausse inquiète énormément les entreprises européennes de secteurs clés qui pourraient voir leurs marges fondre comme neige au soleil.

Le prix que les industriels doivent payer pour compenser leurs émissions a plus que doublé depuis le début de l’année.

Certains secteurs clés réputés polluants de l’industrie sont particulièrement touchés (les transports, l’automobile, …).

Ces domaines déjà très fortement encadrés par des normes écologiques contraignantes. L’augmentation du prix du carbone est donc perçue comme une nouvelle taxe. Elle pourrait “saper” leur compétitivité.

Un facteur d’innovation

Si cette augmentation parait très handicapante, elle pourra aussi être un facteur formidable d’innovation pour des secteurs porteurs.

En effet, le prix du carbone va pousser les investissements sur la voie du renouvelable. Cette filière d’avenir devrait voir son budget augmenter de façon spectaculaire en réponse à la surtaxation des énergies fossiles.

Plus généralement, l’augmentation globale du prix de l’essence à déjà orienté de nombreux consommateurs vers l’électrique. Il pourrait y avoir un phénomène similaire pour la hausse du prix du carbone qui encourage les investisseurs à se porter vers le renouvelable.

Ce principe de quotas apparait donc comme un moyen intelligent de rediriger les investisseurs vers des domaines « écoresponsables » par le profit.

Le  principe du « pollueur-payeur » semble enfin effectif après une période où le prix de la tonne était bien trop bas pour espérer peser dans la balance.

Une dynamique a relativiser  

Autrefois, le prix de la tonne était dérisoire et ne gênait en rien les industriels. Certains le qualifiaient même de « droit de polluer » tant son prix était ridicule.

Aujourd’hui, le prix extrêmement élevé du carbone est un réel handicap pour l’industrie. Malgré l’importance de cette contrainte, son impact positif sur l’environnement reste discutable. Si cette mesure semble efficace sur le plan local, on remarque qu’elle parait inefficace à l’échelle mondiale.

En utilisant l’exemple français, l’absurdité de cette mesure parait évidente. La France émet moins de 1% des émissions mondiales de CO2. Ce chiffre est en baisse constante depuis 1995.
Cependant, les « émissions importées » sont-elles en constantes hausses sur la même période.

Ces émissions viennent de l’import de produits avec une très haute empreinte carbone qui est paradoxalement moins cher.

Produire chez des « mastodontes de la pollution » comme la Chine ou les Etats-Unis est bien moins coûteux. Même si cela implique de faire voyager le produit sur des dizaines de milliers de kilomètres.

À l’arrivé, le consommateur français est attiré par le prix bas proposé en comparaison au produit français. C’est le grand contresens des réglementations écologiques contraignantes et des politiques dites du « pollueur-payeur » faites sans barrières douanières.

Elles permettent aux pays hors de l’union de produire moins pour chère en polluant plus. Le tout avec la bénédiction des autorités européennes en quête de « greenwashing ». Cette politique contradictoire donne une impression de justice à 2 vitesses pour de nombreux industriels européens qui sont désavantagés par rapport à leurs concurrents européens.  

Dans un tel contexte, il semble difficile d’imaginer des relocalisations à court terme.

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